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11/07/2009

Ces mécréants...

... se permettent aussi de délivrer des brevets en démocratie, et vas-y que je te donne des conseils aux turcs, aux afghans. Ils font maintenant des reproches aux Iraniens. Comme si ce grand peuple -depuis sept mille ans civilisé, lui- avait besoin de conseils. Cette jeune république courageuse qui ose mettre un peu d’ordre dans les affaires humaines a-t-elle des leçons à recevoir d’un Occident où l’inconduite et la débauche se propagent jusqu’aux sommets des états ?

L’avocat du Diable

29/06/2009

Avocat du Diable

Confronté au silence des autorités, des administrations, des partis politiques, des associations de défense des droits, des sociologues, de la plupart des intellectuels, journalistes et consultants de gauche et de droite, des libres penseurs officiels, des diplômés des grandes écoles, et de ceux qui, autour de moi n’ont fréquenté que les petites,

 

 Sachant que la quiétude de tout ce beau monde est feinte, oui feinte, car en réalité ils ont peur et croient qu’en fermant les yeux le danger s’estompe,

 

 Rebelle à la politique munichoise de l’autruche,

 

 Accablé d’entendre des propos rassurants d’une redondance telle qu’ils en deviennent grossiers,

 

 Blessé de n’être jamais au grand jamais accusé de racisme, mais plutôt pensé comme tel ce qui est infiniment plus grave, car le non-dit a un poids idéologique certain dans la sphère de ceux qui aiment tout le monde sauf ceux qui ne pensent pas comme eux,

 

 Lassé de tourner et retourner le problème sous les angles les plus divers, et d’avoir épuisé tous les arguments que mon cerveau sur le déclin est allé encore chercher dans le tréfonds de réserves qui s’épuisent,

 

 Fatigué de dire et d’écrire que religion et obscurantisme sont une seule et même chose : un fléau contre lequel il faut se prémunir avant qu’il ne soit trop tard,

 

 J’ai décidé de me faire l’avocat du diable et de m’adresser un courrier depuis ce beau pays d’Iran qui, en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, a fait de moi un ayatollah moyen, un barbu de la rue, bref, un homme qui vit, qui pense, qui croit, qui aime, qui hait, qui est, à quelque milliers de kilomètres d’ici, et maintenant.

 

 §

 

 

Lettre   persane

 

 

 

 

     Téhéran, le 29 juin 2009    à   michelpourny.hautetfort.com        

 

 

 

 

 Au nom de Dieu clément et miséricordieux,

 

 Mais qu’est-ce qu’ils ont, tous ces républicains de salon à nous faire la morale, à nous prescrire comment il faut vivre, comment on doit s’habiller, se couvrir, comment on doit traiter nos femmes, éduquer nos enfants ?

 

 Les libertés individuelles de leur république, elles leur sont réservées. En réalité, la liberté, ils la respectent quand elle les arrange : libertinage, luxure, pornographie, sexualité contraire à la nature. Ils se disent humanistes et ne protègent pas leurs compagnes. Dans les tenues les plus honteuses, ils les exhibent sur panneaux publicitaires, écrans plats et magazines. Mais quand celles-ci les trompent, ce sont palabres interminables devant les tribunaux, car nos grands démocrates qui pendant des siècles ont soumis la moitié du monde par les armes et le meurtre, s’interdisent fouet, lapidation et potence pour châtier les criminels. Ils ressemblent à ceux qui, lorsque la tempête se précipite des cieux avec les ténèbres, les éclairs et la foudre, effrayés par l’image de la mort, se bouchent les oreilles de leurs doigts pour ne pas entendre le bruit du tonnerre. Pour eux, les hommes sont des anges, le voleur était dans le besoin, le violeur un enfant maltraité, le délinquant de banlieue un habitant de quartier défavorisé, le terroriste un produit de la misère. Selon le vieil adage, il n’est pire innocent qu’un coupable qui ne risque rien, comment expliquer autrement le dérèglement de leurs sociétés ?

 

 Ils se permettent aussi de délivrer des brevets en démocratie, et vas-y que je te donne des conseils aux turcs, aux afghans. Ils font maintenant des reproches aux Iraniens. Comme si ce grand peuple -depuis sept mille ans civilisé, lui- avait besoin de conseils. Cette jeune république courageuse qui ose mettre un peu d’ordre dans les affaires humaines a-t-elle des leçons à recevoir d’un Occident où l’inconduite et la débauche se propagent jusqu’aux sommets des états ? Cette jeune république pour laquelle quatre-vingt pour cent de la population se déplace et s’exprime lors des consultations électorales. Peut-on en dire autant de ces vieilles démocraties minées par la désespérance, où l’on ne croit plus en rien, où même la dernière valeur encore respectée,  la richesse matérielle, est définitivement remise en cause ?

 

 Oui, je maintiens : républicains de salon, voilà ce que vous êtes. Ironiques ou arrogants, vous toisez les peuples du monde qui vivent et pensent autrement, pour lesquels vos chartes, vos prétendus droits de l’homme n’ont de valeur qu’exotique. Si une minorité d’entre vous reconnaît l’importance, le bien-fondé de la diversité culturelle, la majorité reste convaincue que ce qui est pour elle un droit doit l’être pour tous. Vous vous référez aux penseurs impies, ces salonards du dix-huitième siècle, ces « sages » intellectuels précurseurs de la terreur. Inventeurs de la guillotine, cette arme barbare qui a tranché la tête de milliers de révolutionnaires et d’innocents, vous êtes froissés quand nos juges font couper la main d’un voleur, quand on donne dix coups de fouet à un ennemi de Dieu, ou quand on jette quelques pierres à une femme adultère. 

 

 Vous dressez un tableau apocalyptique de nos mœurs, vous brocardez notre piété, vous mettez  notre guide suprême à l’index. Mais au nom de quoi, au nom de qui nous donnez-vous des leçons ? Vos filles traînent dans les rues, vous ne croyez plus en rien, vos présidents sont corrompus. 

 

 Votre déclaration des droits de l’homme, vous la proclamez universelle. Commencez, messieurs, par appliquer chez vous vos propres lois, au lieu de les imposer aux autres.

 

 Car vos œuvres, vous devrez un jour en répondre. Ceux qui occuperont la droite entreront dans le jardin des délices. Ils vous demanderont : Qui vous a fait tomber dans l’enfer ?

 

« Nous n’avons point fait la prière, répondrez-vous. Nous n’avons point nourri le pauvre. Nous avons disputé avec les amateurs de frivolités, et nous avons traité de chimère le jour de la résurrection. »

 

 La mort fatale alors vous surprendra. Vous irez au supplice que vous traitiez de chimère. Vous ne serez point à l’abri des flammes, elles s’élanceront de tous côtés en pyramides hautes comme le faîte des palais.

 

 Cependant, le séjour de la félicité sera le partage des hommes vertueux. Il sera planté d’arbres et de vignes. Des filles célestes au sein arrondi et palpitant en feront l’ornement, telle sera la récompense de Dieu,

 

 Allah est grand.

 

 

 Signé :  Pournymedinejad

 

 

 

§

17/06/2009

Le peuple est dans la rue

Les premiers à féliciter Ahmadinejad pour son succès électoral ont été :

le Hezbollah, le Hamas et Hugo Chavez.

Dis moi qui sont tes amis, je te dirai qui tu es.

 

Les félicitations ne sont pas venues de la rue. Dans la rue, il n’y a que des jeunes, des femmes, des hommes et des millions de gens avides de liberté.

 

« Il n’est qu’une erreur et qu’un crime : vouloir enfermer la diversité du monde dans des doctrines et des systèmes. C’est une erreur que de détourner d’autres hommes de leur libre jugement, de leur volonté propre, et de leur imposer quelque chose qui n’est pas en eux. Seuls agissent ainsi ceux qui ne respectent pas la liberté, et Montaigne n’a rien haï tant que la « frénésie », le délire furieux des dictateurs de l’esprit qui veulent avec arrogance et vanité imposer au monde leurs « nouveautés » comme la seule et indiscutable vérité, et pour qui le sang de centaines de milliers d’hommes n’est rien, pourvu que leur cause triomphe. »

 

Stefan Zweig