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30/04/2022

La société idéale

 

 Il y a une chose qui réunit tous ceux qui critiquent les sociétés occidentales : jamais ils ne nous dressent un portrait, ni même un aperçu de la société qu’ils proposent. C’est dommage, car les humains que nous sommes vivent dans le projet. Il nous est difficile de croire en quelque chose si nous n’en avons aucune idée.

 C’est la raison pour laquelle les premiers socialistes, au XIX° siècle, avaient conçu leur programme en deux parties: un minimum et un maximum. Le premier était celui qu’on aurait pu qualifier de catalogue des revendications ouvrières de base, salaire, conditions de travail, libertés d’association, de réunion, droit de grève. Le deuxième, celui auquel devait aboutir la lutte finale: la société libérée, où chacun devait recevoir selon ses besoins: le communisme. Les fondateurs du marxisme insistèrent sur la liaison entre les deux: il était difficile pour la classe ouvrière de mener son combat quotidien contre l’injustice si elle n’avait pas conscience que cette dernière était par essence capitaliste. De la critique du capitalisme, la conscience de classe amenait nécessairement les travailleurs à poser comme but suprême de leur combat l’édification d’une société sans capital, sans classes, et finalement sans état, puisque sans opposition ni violence… ni frontières puisque les prolétaires de tous les pays avaient les mêmes intérêts et devaient donc nécessairement s’unir.

 Ces fondateurs du socialisme avaient beaucoup de mérite (et d’imagination) lorsqu’ils dressaient aux travailleurs un portrait -disons: une esquisse- de la société future. La révolution de 1917 allait-elle mettre fin à cette incertitude, allait-elle montrer au monde la beauté de ce nouveau monde, récompense ultime, objectif de tous les combats ouvriers? Un peu, pendant quelques années. Ensuite seulement pour les aveugles et ceux qui ne voulaient rien entendre. La révélation des déportations, des famines, et de l’univers concentrationnaire sibérien montrèrent aux travailleurs du monde que, quelle que soit leur classe, leur parti, leurs idées, les hommes restaient les hommes, avec leur appétit du pouvoir, leur égoïsme et même leur violence.

 Or on entend aujourd’hui à nouveau cette petite musique: le capitalisme est responsable de tout. C’est vrai qu’il est à l’origine de beaucoup de choses, et pas toujours réjouissantes. Ceci dit, on est en droit de se demander s’il y a une alternative. On regarde tout autour, et nulle part nous n’avons un modèle d’une société libre et démocratique non capitaliste. Comme si la liberté de chacun était indissociable de la liberté d’entreprendre.

 Ne fermons cependant aucune porte. Peut-être y a-t-il dans l’esprit des plus ingénus de nos contemporains une idée, un schéma du système social idéal, société juste, sans profit, sans inégalités et sans violence ?

 

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02/04/2022

Eternel recommencement

 

 

 En 1958 Khrouchtchev proposa aux occidentaux (USA, Royaume-Uni, France et RFA) de transformer Berlin en une “ville libre” démilitarisée. Refus catégorique du maire de Berlin-ouest et des occidentaux qui ont rapidement compris qu’il s’agissait d’une grossière manœuvre visant à intégrer définitivement Berlin dans la zone d’influence soviétique.

64 ans plus tard, soviétique ou russe, la manœuvre reste la même, concernant cette fois un pays entier: l’Ukraine..

Les occidentaux (dont je fais partie) n’imaginent pas encore à quel point la pensée qui est la nôtre est différente de celles qui, de l’Oural à l’Asie, de l’Afrique au Moyen-Orient règlent la vie des hommes. Nous ne pouvons nous empêcher d’imbriquer la morale dans le moindre de nos gestes. Avec toujours ce souci: si je fais ceci ou cela, quelles en seront les conséquences pour les autres? Notre cerveau et notre coeur débordent de considérations qui nous ont été léguées par les philosophes, les Lumières, les abolitions de privilèges, les révolutions, autant de principes généreux qui ont été confortés, enrichis par les leçons que nous tirons des désastres totalitaires, des guerres et du génocide du XX° siècle. Chargés de tous ces bagages, il nous a fallu plusieurs mois pour finalement chasser en douceur 200 zadistes de champs qui ne leur appartenaient pas, de peur que l’un d’entre eux ne se blesse, ce qui aurait provoqué des nuits d’émeute dans toutes les grandes villes de France. Et pour à la fin capituler en leur laissant le dernier mot.

Alors qu’à 2000 km d’ici, un homme d’état ravage un pays entier, provoque la déportation de milliers d’habitants, bombarde des théâtres et des hôpitaux, sans aucun respect des traités, surtout sans aucun respect du sort ni de la vie des êtres humains.

Le combat est inégal. Nous pensons trop, c’est notre faiblesse. Il faut espérer qu’à terme, c’est ce qui fera notre force.

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11/04/2016

Si notre société est si détestable, allez voir ailleurs, c'est le paradis !

 

 

Ils ont la haine de l’occident. Pourtant ils viennent y vivre, s’y faire soigner, s’y réfugier, y faire du tourisme, s’y reposer.

Je comprendrais qu’une famille endeuillée suite à un bombardement de l’OTAN, loin d’ici en Afghanistan, en Irak, au Pakistan, voue à nos sociétés une haine vengeresse. Mais venant d’individus, souvent membres de familles nombreuses accueillies dans notre pays depuis plusieurs années, parfois des décennies, cette haine je ne la comprends pas.

Sécurité sociale, RSA, allocations, sans parler des libertés d’expression et de culte, tout est réuni ici pour donner à un immigré les chances de survie qui sont données à un français de souche. Si on me parle de discrimination, qu’on regarde aussi comment sont discriminées les familles avec un ou deux enfants, discriminés les célibataires et les couples sans enfant. Comment sont discriminés ceux qui sans succès font l’effort de chercher un emploi. Sans succès après des années d’études, des diplômes, des stages parfois coûteux en déplacements, des années de souffrance et parfois de crise familiale. Comment sont discriminés les parents d’enfants souffrant d’un handicap, et les parents d’enfants souffrant d’une maladie orpheline. Comment sont discriminés les ouvriers jetés à la rue avec une indemnité ridicule. Comment sont discriminées les femmes chez elles, sur leur lieu de travail, sur leur bulletin de salaire. Comment sont discriminés aussi les paysans et les pêcheurs pour qui le minimum vital est une richesse ! Eux qui travaillent sans compter sont les pestiférés de la république. Où sont les associations pour parler d’eux ? Pour les défendre ? Où sont les « travailleurs sociaux » pour voler au secours de ces gens de la côte et des campagnes sans lesquels nos assiettes seraient vides ?

Je n’ai pas besoin d’entendre le discours guerrier d’un imam pour savoir que l’injustice sociale est la règle, ici en occident. Et il faut se retenir parfois pour ne pas tendre l’oreille aux sirènes de l’extrême gauche. Mais à tous ceux qui tiennent des discours haineux contre les sociétés occidentales, on a envie de dire : allez donc voir ailleurs, c’est le paradis. Ce qu’il aurait fallu envoyer à nos communistes d’antan qui, en toute liberté, raillaient le capitalisme occidental quand deux cent cinquante millions de russes et d’autres gens de l’est étaient privés de tout sans avoir le droit de le dire.

 

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