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30/06/2026

No passaran !

 

 

 Aux origines, syndicalistes, socialistes, communistes, anarcho-syndicalistes et plus tard trotskistes constituaient le mouvement ouvrier. Leur idéal (car eux en avaient un) était l’organisation future d’une société débarrassée de l’exploitation de l’homme par l’homme, où chacun aurait vécu selon ses besoins, où le travail aurait été une source de richesse pour tous. Le combat pour cet idéal en a mobilisé des énergies ! Associant le cœur et la raison, il fut à l’origine des plus belles créations humaines dans tous les domaines de la culture, de la poésie à la chanson, de la peinture à la photographie, du théâtre au cinéma, des révoltes à la Révolution.

 Aujourd’hui, que propose la gauche ? Quel est son idéal ? Quelle piste emprunte-t-elle pour accéder à la société future ?

 Les seules voix encore audibles sont celles de nos bons vieux socio-démocrates qui savent concilier liberté et autorité, éducation et laïcité, liberté d’entreprendre et pouvoir de l’état. Mais en France ils sont désormais minoritaires, à l’écart des partis officiels, accusés même parfois d’être de droite.

 N’étant plus entendue des gens qui souffrent, la gauche s’est retirée dans des quartiers où il fait bon vivre, où elle débat passionnément de sujets qu’elle sélectionne, mettant en épitaphe le peu qui lui reste de l’humanisme qui l’anima pendant deux siècles.

 Pour ceux qui ne font pas partie du club : No passaran ! Il faut un droit de passage, une accréditation. Selon l’antienne marxiste bien connue : ne pas confondre l’avant-garde et la classe ouvrière, bien que l’une n’existe pas sans l’autre, elles restent distinctes, à l’image de ce qui sépare le savoir et l’ignorance. L’avant-garde sait que la classe ouvrière est porteuse du sort de l’humanité. L’humble travailleur, lui, ne le sait pas. Mais depuis Marx, de mensonges en trahisons, de Lénine en Pol Pot, la réalité a changé. D’ailleurs aujourd’hui la gauche a-t-elle encore quelque chose à voir avec la classe ouvrière ?

 Son programme consiste d’abord à désigner l’ennemi. On ne construit rien sans savoir contre qui l’on se bat. Première cible à marquer d’une croix rouge : l’extrême droite (sans trop savoir ce que c’est, on en invente une), viennent ensuite Trump et l’Amérique, Netanyahu et Israël, Bolloré et sa presse (qui inquiète car elle rencontre du succès dans la population), les patrons et le capitalisme en général (sauf quand ils financent les partis de gauche), sans oublier les forces de l’ordre qu’il convient de désarmer.

 Si elle a peu d’amis dans la population laborieuse, la gauche en a beaucoup dans la presse et les médias. Sans oublier ceux qui, au pouvoir, ont compris depuis belle heurette, qu’elle ne représente plus un danger pour eux, étant très attachée aussi au maintien de l’ordre socio-culturel existant. Pour cela, ils n’hésitent pas à se taire ou à mentir pour éviter d’affronter un réel qui les inquiète. C’est la présidente d’une chaîne d’information publique qui a bien exprimé cette stratégie : « Présenter la réalité non telle qu’elle est, mais telle qu’on voudrait qu’elle soit. »

 Plus qu’un club, la gauche est une communauté de pensée. Peut-être même une communauté tout court. Avec un esprit d’équipe qu’on ne rencontre par ailleurs que dans le sport. Même vocabulaire, mêmes sujets de conversation, mêmes colères, mêmes crispations, mêmes coups de cœur et aussi parfois : mêmes silences.

 Certes, les idées de droite soulèvent rarement l’enthousiasme, mais la fréquentation des personnes qui les partagent est moins stressante, plus apaisante. Allez savoir pourquoi...

 Quelques suggestions : Trop occupée à son portefeuille, à la plus-value de ses revenus ou simplement à l’entretien de ses propriétés si modestes soient-elles, de Manifeste, de Programme commun, de Front populaire, la droite n’en a jamais eu. Ce sont des projets qui supposent au moins un accord de pensée, une certaine discipline et l’unité dans l’action. Où la droite aurait-elle trouvé le temps d’échafauder un projet socio-économico-politique à l’échelle universelle, ou même seulement nationale ? Un handicap en politique, mais la possibilité pour des amis de passer une soirée tranquille sans être houspillés par les colporteurs d’une pensée réduite à des slogans.

 

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10/05/2013

Est-ce que la fin justifie les moyens ?

 

 Les Saintes Ecritures l’attestent : tout est permis à celui qui se croit investi d’une mission divine. Pour employer un mot savant, et pour revenir sur nos cours de terminale, on peut parler d’eschatologie : l’étude des fins dernières de l’homme et du monde (Petit Robert). La religion, quelle qu’elle soit, ne se conçoit qu’en fonction de ce qui arrive à la fin. Il y a toujours un Jugement dernier quelque part. Tout s’ordonne selon ce dernier, dans la vie, le comportement, la conduite, jusqu’aux plus infimes détails de la vie quotidienne. Nul mieux que les religions n’aurait donné une aussi évidente justification à la poursuite du Bien, à ce qu’on appelle le sens moral. A ce qui paraît. Car on sait qu’on a encore peur aujourd’hui que les Cieux nous tombent sur la tête. La poursuite du bien par peur de l’enfer n’a rien à voir avec la morale. Pas plus que son contraire : la violence et la guerre dans l’espoir du paradis. 

 Les siècles passés ont été durs pour les religions. Avec raison, car pour arriver à leurs fins, elles avaient été peu regardantes sur les moyens. Les philosophes ont travaillé, critiqué, démonté, remis à sa place le dogme religieux. Mais à quel prix ? Bien souvent pour le remplacer par un autre, tout aussi néfaste, il a fallu plus de cent ans pour s’en rendre compte. Un penseur lucide (1) l’a dit à peu près en ces termes : sur le trône encore chaud de Dieu s’est installé le socialisme. Et pour faire quoi ? Pour définir une nouvelle fois où est le bien où est le mal, pour régler la vie des gens, pour dire qui sont les bons, qui sont les méchants, les bons étant ceux dont l’itinéraire coïncide avec le sens de l’histoire, « Sens » avec une majuscule, car la trajectoire est fixée une fois pour toutes, sa destination déterminée : la société idéale dans laquelle s’épanouira un beau jour l’homme total.  

 Le hic, c’est que pour y arriver, il faut faire quelques concessions à la morale. D’ailleurs de quelle morale s’agit-il ? De l’ancienne, celle des ignorants qui ne trouvent rien d’autre à penser que de s’occuper de leur jardin, de ceux qui n’ont pas compris que leur sort était lié à celui de l’humanité tout entière, bref des aliénés victimes inconscientes de la société de classe, vestiges d’une civilisation qui fut nécessaire, mais aujourd’hui dépassée. Mais pour eux rien n’est perdu, il y en a de récupérables, on a beaucoup fait pour eux, les camps de rééducation par exemple, outils nécessaires à la construction de la société nouvelle.  

 Aujourd’hui, de ces camps on n’en parle plus que dans ces pays lointains où le dogme a su employer les armes et la violence nécessaires à la poursuite de ses objectifs fous. Dans nos contrées où les droits humains sont à peu près respectés, où le pire des criminels a encore droit à des avocats comme aux faveurs de la presse, il serait malvenu à un intellectuel inspiré de faire la réclame d’un fil de fer barbelé si peu piquant soit-il. Il serait pris pour ce qu’il est : un fou. Bon, il y en a bien un ou deux égarés ici ou là sur les plateaux de télévision, ils passent encore pour des clowns, méfions-nous quand même. 

 Donc Dieu est mort, les camps sont rasés. Tout danger n’est pas écarté pour autant. Pour certains, la fin justifie encore les moyens. La fin étant pour eux, et là ils ont raison, le bonheur du peuple, certaines attitudes douteuses seraient justifiées. Quels que soient la situation politique, les événements et même le sens de l’histoire, contre vents et marées, la gauche est convaincue de représenter universellement et éternellement le peuple. A quoi bon voter ? Quand elle gagne, sa logique est respectée, c’est le peuple qui a terrassé le diable. Ce dernier porte des noms variés et adaptés au moment : grand capital, impérialisme, extrême droite, boursicoteurs, marchés financiers… Quand elle perd, c’est que l’ennemi a réussi à tromper le peuple, c’est le mensonge qui a pris le dessus, la ruse et la finance ont eu raison –pour un temps- du sens de l’histoire. Ou alors, mais là c’est un signe rare du désespoir, la gauche a perdu en tirant contre son camp, par la division, et on profère alors des propos très durs à l’encontre du parti qui a failli à sa mission. Renégat, ennemi du peuple, agent de l’étranger sont les qualificatifs adaptés à la situation. 

 La droite n’a d’autre intérêt à défendre que celui de son porte-monnaie, ce qui la soulage d’un poids énorme –les transactions ne se font plus en monnaie trébuchante ni en lingots d’or- et si elle prétend parfois oeuvrer au  bonheur des pauvres, c’est parce qu’elle a besoin des suffrages populaires pour assurer son avenir politique personnel, politique et finance étant réunis  pour le meilleur et pour le pire.  

 Il en va différemment de la gauche. Elle est en mission. Même vaincue aux élections, elle reste mandatée par le peuple. Elle n’est jamais fautive, tout au plus, les hommes et les femmes qui la composent commettent des erreurs, qui leur reprochera ? Sur un mur s’étalent les portraits de ses ennemis politiques, ceux de droites, ou qui font le jeu de la droite. Au-dessous les commentaires sont grossiers, injurieux. Le mur n’est pas dans la rue, mais dans un local syndical de magistrats. Dans un pays éternellement en proie aux conflits politiques, il est normal que chacun, selon ses convictions en pense ce qu’il veut. Certains peuvent même en rire. Ce qu’ils ont fait d’ailleurs. La question qu’on peut se poser : cela aurait-il été possible dans le local d’un syndicat de magistrats de droite ? Je pense que non. Ou l’événement aurait soulevé les protestations unanimes des médias, des syndicats et de tout ce que la gauche compte de chroniqueurs, d’écrivains, d’artistes, de chanteurs, de cinéastes, de peintres et de photographes réunis. A commencer par celui qui aurait réalisé ces photos, à coup sûr, au lieu d’être sanctionné, il aurait mérité le prix Pulitzer. 

 Et cet acte lamentable de s’en prendre aux personnes elles-mêmes, en étalant leurs portraits, comme si on voulait les exposer à la vindicte populaire –qui pouvait assurer que les images de ce « mur » honteux ne seraient pas rendues publiques un jour ?- cet acte lamentable en rappelle d’autres, surtout dans la manière. Je pense aux méthodes des fascistes et des staliniens. Mais ces gens-là ont la conscience tranquille : dans le partage entre le bien et le mal, ils sont –par essence- du bon côté.  

 

§ 

 

(1) Nietzsche

 

29/08/2010

Honte à vous !

 

 

Honte à vous gens de gauche, défenseurs affectés

De veuve et d’orphelin, annonceurs et chanteurs

De ramadan, quand les voiles cachent la moitié

Du monde les femmes et les filles les mères et les sœurs

 

Avec les loups quand vous hurlez vos prétendus

Discours de paix, tels des vierges effarouchées

Bêlant aux lois liberticides, quand des barbus

Ivres d’islam ici en France sont condamnés,

 

à Paris dans la rue vous n’étiez pas pour Sakineh.

 

A Paris dans la rue vous n’étiez pas pour Sakineh

Qui pour adultère aux ayatollahs livrée,

Eux qui trompent, mentent et torturent

Au nom d’un dieu qui ne promet pour le futur

 

Que glaive et guerre, pendaisons, lapidations.

Honte à vous gens de gauche, de gauche vous n’êtes plus,

D’ailleurs vous n’êtes plus rien, que la reproduction

D’un pouvoir aux abois quand vous n’y êtes plus.

 

Honte à vous ! Et la droite alors, ivre de liberté

Dans de touchants discours pour gagner quelques âmes

Chasse les Roms des campagnes des villes des cités,

Et se tait pour Sakineh, pour calmer l’islam.

 

 

 Quelques centaines de personnes ont manifesté en France en solidarité avec cette femme iranienne menacée de mort par les islamistes au pouvoir en Iran. Rendons hommage à Ni putes ni soumises, cette courageuse association qui sauve l’honneur de la France, cette nation devenue un désert pour les droits de l’homme quand il s’agit d’empêcher les crimes commis par les mouvances islamiques.

 

Ni putes ni soumises propose une pétition pour sauver Sakineh. Par milliers, signons-la.

 

§