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18/06/2022

Une idéologie totalitaire fais son nid dans la république

 

 

 Ils s’indignent. Ils crient au loup. S’effaroucher des scores électoraux de l’extrême droite aujourd’hui et hurler au danger fasciste, c’est quand il fait trop froid s’en prendre à son thermomètre. Car ils récoltent ce qu’ils ont semé. Terrassés par ceux qu’ils fabriquent, qu’ils entretiennent, qu’ils alimentent. Ce n’est pas le discours du Rassemblement national qui fait son succès, mais celui de cette gauche prête à tout accepter, délinquance, impunité, communautarismes, atteintes au droit des femmes.

 Faut-il les plaindre ces politiciens battus qui ferment les yeux quand chaque jour un peu plus dans les écoles, les cantines, les salles de sport, les piscines, on grignote un morceau de république, quand on construit à tire larigot des édifices religieux... avec quel argent ? Quant à l’extrême droite, elle n’a pas de soucis à se faire, elle peut dormir sur ses deux oreilles, ses scores vont croître encore et encore, car on va nous répéter qu’il faut éviter les sujets qui fâchent, que burkinis et voiles sont des bouts de tissus sans importance. Bon sang, mais quel retour en arrière ! On pensait depuis 1905 avoir mis la religion à sa place, on n’imaginait pas qu’une autre, plus réactionnaire encore allait s’en prendre aux libertés conquises. Réactionnaires et Ayatollahs de tous les pays, nous sommes prêts, notre porte vous est grande ouverte!

 Et pendant qu’ici au nom du respect de la diversité culturelle, des voix se font entendre pour justifier le port du voile au nom de la liberté, en Afrique et en Asie des femmes courageuses se battent pour circuler tête nue. En Afghanistan elles sont exclues de la politique et de l’enseignement secondaire. Elles ne peuvent voyager sans être accompagnées d’un membre masculin de leur famille. Depuis le 7 mai 2022, un décret leur impose le port d’un voile qui leur couvre le visage.

 Il y a un mois j’écrivais que les islamistes contrevenaient rarement à la loi de 1905. Ce sont d’habiles politiciens. Ils ont une alliée: la naïveté de nos représentants politiques... et de beaucoup de nos compatriotes. En se limitant au respect scrupuleux de cette loi, les défenseurs de la laïcité s’aveuglent. Ils ne voient pas qu’autour de nous, pas à pas, irrésistiblement, une idéologie totalitaire fait son nid dans la république, légalement, autant qu’elle le peut: pacifiquement. Parfois, par un crime ou des horreurs, elle réveille ses troupes. Mais les “marches blanches” qu’on lui oppose sont bien l’expression de notre faiblesse.

 

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02/04/2022

Eternel recommencement

 

 

 En 1958 Khrouchtchev proposa aux occidentaux (USA, Royaume-Uni, France et RFA) de transformer Berlin en une “ville libre” démilitarisée. Refus catégorique du maire de Berlin-ouest et des occidentaux qui ont rapidement compris qu’il s’agissait d’une grossière manœuvre visant à intégrer définitivement Berlin dans la zone d’influence soviétique.

64 ans plus tard, soviétique ou russe, la manœuvre reste la même, concernant cette fois un pays entier: l’Ukraine..

Les occidentaux (dont je fais partie) n’imaginent pas encore à quel point la pensée qui est la nôtre est différente de celles qui, de l’Oural à l’Asie, de l’Afrique au Moyen-Orient règlent la vie des hommes. Nous ne pouvons nous empêcher d’imbriquer la morale dans le moindre de nos gestes. Avec toujours ce souci: si je fais ceci ou cela, quelles en seront les conséquences pour les autres? Notre cerveau et notre coeur débordent de considérations qui nous ont été léguées par les philosophes, les Lumières, les abolitions de privilèges, les révolutions, autant de principes généreux qui ont été confortés, enrichis par les leçons que nous tirons des désastres totalitaires, des guerres et du génocide du XX° siècle. Chargés de tous ces bagages, il nous a fallu plusieurs mois pour finalement chasser en douceur 200 zadistes de champs qui ne leur appartenaient pas, de peur que l’un d’entre eux ne se blesse, ce qui aurait provoqué des nuits d’émeute dans toutes les grandes villes de France. Et pour à la fin capituler en leur laissant le dernier mot.

Alors qu’à 2000 km d’ici, un homme d’état ravage un pays entier, provoque la déportation de milliers d’habitants, bombarde des théâtres et des hôpitaux, sans aucun respect des traités, surtout sans aucun respect du sort ni de la vie des êtres humains.

Le combat est inégal. Nous pensons trop, c’est notre faiblesse. Il faut espérer qu’à terme, c’est ce qui fera notre force.

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23/10/2021

On n’en peut plus.

 

Ils veulent tout régimenter. Décider pour nous comment il faut vivre, ce qu’il faut dire, ce qu’il ne faut pas dire. Ils interdisent les philosophes à l’université. Quand ils parlent, eux, c’est parole d’or. La Vérité en un mot comme en cent. Au point qu’il nous arrive de nous demander si nous ne sommes pas nous-mêmes propulsés dans un univers artificiel édifié sur une montagne de préjugés. Voilà: nous sommes les derniers défenseurs d’une société dépassée, réactionnaire, méprisable. Quand eux, hérauts d’un monde nouveau, annoncent avec un courage exemplaire la révolution dans les esprits, les pensées et les mœurs. Courage, oui, car il en faut pour condamner le sapin des fêtes de Noël. Pour s’en prendre aux bateaux à voile qui menacent l’environnement. S’inviter dans les rêves des enfants pour y faire des ratures. Pour culpabiliser les propriétaires d’un pavillon avec jardin. Certes, pour faire bouger les conservateurs que nous sommes, les explications, même déclamées, ne sont pas suffisantes. Alors ils provoquent, vilipendent les derniers défenseurs de la république que sont les policiers. Ils l’ont dit : la police s’en prend au peuple, « elle tue ».

 

Quand des femmes et des hommes en arrivent à de telles extrémités, c’est qu’ils n’ont rien à dire, rien à proposer, rien à construire. Plus ils hurlent, moins on les écoute. Vraiment ? Je n’en suis pas sûr.

 

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