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21/03/2019

Hommage à Xavier Jugelé

 

 


 Mépris pour les symboles et les valeurs de la république, haine de la police et des institutions, goût prononcé pour la violence, aptitude particulière à se cacher et se fondre dans la foule, ajoutez à cela une bonne dose d’antisémitisme, voilà les révolutionnaires des temps nouveaux.

 Leur dernière lâcheté: la profanation d'une plaque à la mémoire de Xavier Jugelé, gardien de la paix, assassiné par un islamiste le 20 avril 2017. Sur la plaque est projeté en noir le sigle anarchiste, un macaron de "Action antifasciste" est collé, orné de deux drapeaux, un rouge et un noir. Sur le bas de la plaque est apposée une étiquette sur laquelle figurent les mots "Etat d'urgence citoyenne".

 Singulière époque où derrière la confusion de leurs verbiages récités, les ennemis du genre humain se retrouvent dans un même hommage à l'obscurantisme.

 A ces fous de dieu et ces fous de tout, il faudra qu’un artiste érige une statue. Fière, puissante, la République se dresse. Elle est magnifique. Elle prend quelque repos, s'appuie sur la tête d'un homme qui chancelle. Les deux trous de sa cagoule ne sont plus en face des yeux. Une boule de pétanque tombe de sa main. Sur le marbre de son dos, un espace laissé libre par le sculpteur permettra au passant amusé de faire des petits dessins, croix gammées, faucilles, marteaux et sur le socle on lira, gravé dans la pierre : « Ære perennius exegi monumentum ».

 


§

 

« J'ai érigé un monument plus durable que l'airain. » 

17/02/2019

Paris, 16 février 2019

 

 

 Je me rappelle une phrase entendue il y a quelques années :

 

« Je veux que chaque juif vive dans la peur, sauf s’il est pro-palestinien...".

 

 L’agression dont a été victime Alain Finkielkraut (1), insultes hurlées et gestes menaçants confirment non seulement la persistance, mais aussi la profondeur du mal. L’allusion à la Palestine, à Israël nous rappelle que le conflit du Proche-orient n’est qu’un prétexte et que le fond de l’idée est que la place des juifs est à Tel-Aviv, qu’ils doivent donc quitter le pays. C’était dit, hier.

 L’allusion à la Palestine montre d’où viennent ces hurleurs de rue : des rangs extrêmes. De droite, on se rappelle le fameux discours du dirigeant historique du Front national « L’éléphant et le moustique » (L’éléphant : Israël, le moustique : la Palestine). De l’extrême gauche aussi qui, contrairement à toutes les formations politiques, n’a pas eu un mot pour condamner le caractère antisémite de l’agression. A leur décharge, je dirais qu’il faut les comprendre ces révolutionnaires : la classe ouvrière les ignore, il ne leur reste que les banlieues pour faire élire quelques députés, banlieues où pourtant les voitures qui brûlent sont celles du peuple, où les professeurs sont parfois contraints d’adapter leur cours de sciences ou d’histoire à un public déjà formaté, sous l’influence de religieux et de réseaux sociaux qui ont réponse à tout, quartiers que les personnes de confession juive sont amenés à fuir. Mais tout cela il faut le taire, violence et misère sont la conséquence du méchant capitalisme, point à la ligne, et caresser une jeunesse en perdition –même si on ne lui propose rien d’autre que des porte-parole sur les plateaux de télévision- ça rapporte des voix.

 Mais il y a autre chose. Ce n’est plus vraiment de la politique. Beaucoup plus grave. Des actes antisémites, il y en eut, il y en a, ici en France, mais cette fois et c’est la deuxième (2) : l’agression d’Alain Finkielkraut eut lieu PENDANT la manifestation des « gilets jaunes ». PENDANT. Il y avait donc du monde. Avez-vous vu les images ? Les personnes, les seules qui ont réagi en protégeant le philosophe, ce sont les policiers. Sinon rien. RIEN. Les « gilets jaunes » ? RIEN. D’autres, passants ? RIEN.

 C’était comme si la France regardait. Jusqu’à quand la France regardera-t-elle ? Pour que le pire survienne, il suffit que les gens de bien se taisent.

 


§

 


(1) Philosophe, auteur entre autres de « La défaite de la pensée » et de « L’identité malheureuse », œuvres récentes qui permettent de mieux comprendre ce qui dérange les esprits étroits.


(2) La première fois, quand Alain Finkielkraut fut expulsé d’un rassemblement intitulé « Nuit debout » place de la République.

12/10/2018

A celui qui parle de ce qu'il ne connaît pas

 

Les mots les plus pertinents que j'ai entendus depuis bien longtemps après le discours d'un homme d'église s'opposant à l'avortement:

"Pas d'utérus, pas d'opinion !"

 

§