16/04/2011
Appliquer la loi !
Ah ça, pour débattre, on est les plus forts ! Identité nationale, euthanasie, éducation, laïcité, islam… on est les plus forts. Et chaque fois, après avoir quelque peu distrait le peuple qui en a bien besoin le pauvre, le débat se tarit en eau de boudin.
Que n’a-t-on pas disserté sur la nécessité de mettre un terme aux souffrances de personnes condamnées par une maladie incurable, que n’a-t-on pas dit ! Il suffit que quelques politiciens zélés se constituent porte-parole de la lumière divine pour qu’une loi soit votée qui enterre la question avec la bénédiction des grenouilles. De bénitier elles vinrent alors, nous dire tout le bien qu’il faut penser des soins palliatifs protecteurs de la Vie qui nous est donnée par le Très-Haut, en d’autres termes qu’il faut souffrir pour être mort.
Pour l’éducation, le débat s’est engagé dès le départ sur une voie de garage : par l’annonce de massives suppressions de postes. Avec trente élèves par classe, les enseignants n’auront pas le loisir de participer aux discussions. Mais ce n’est pas grave. Les personnes les plus concernées seront : les inspecteurs, les ministres, les chercheurs du CNRS, les auteurs des manuels scolaires, les journalistes, les associations loi de 1901, les partis politiques, les syndicats, le MRAP, éventuellement un évêque et un imam, aujourd’hui la porte est ouverte à tous les vents. Peut-être nous faudra-t-il un jour inviter un marabout, pour éviter d’être accusé de racisme. Aucune de ces personnes n’a encore été poignardée par un élève en mal d’être, la distance qui sépare ces notables de la vie réelle est garante de leur objectivité dans ce débat crucial pour l’avenir de la république.
La laïcité gêne tout le monde. C’est vieux, c’est moche, il faut lessiver tout ça. Il y en a que ça arrange et non des moindres, surtout dans les quartiers politico-religieux des favorisés. L’islam glisse son ticket, la calotte de souche française profite du portillon ouvert. Introduction des religions à l’école… Mais non, seulement de l’Histoire des Religions ! Ah ? On n’apprenait pas l’histoire auparavant ? Certes oui, mais sans insister suffisamment sur son aspect saint : la lutte contre les suppôts de Satan, la belle aventure des Croisades, la conquête humanitaire des Amériques et cette touchante complicité entre sauvages et chrétiens, l’amitié séculaire indéfectible entre les religieux du Livre. Trop souvent nos professeurs négligent de mettre en lumière les découvertes scientifiques fondamentales qui ont fait de nous ce que nous sommes, et qui n’auraient pu être accomplies sans l’apport fondamental de la Sainte Eglise apostolique et romaine, sous l’étendard papal. Dans un esprit ouvert autant qu’œcuménique, il n’est pas interdit de penser que bientôt nos chers enfants apprendront à lire ces pages magnifiques des Saintes Ecritures, dans leurs versions chrétienne et coranique.
Quand à l’islam, en France il n’existe pas. Ou si peu. D’ailleurs, tout le monde est très gentil. Il n’y a donc pas lieu d’un débat.
Celui sur l'identité nationale conformément à son titre a été centré dès le départ sur l'idée d'appartenance à la nation. En conséquence, la parole fut donnée sans limites aux franchouillards de tous horizons, gens du terroir et gens du cru si bien chantés par le poète dans sa ballade des gens qui sont nés quelque part. Porte ouverte à tous les populismes de droite et de gauche réunis, qui considèrent la France comme le plus beau pays du monde, qui sa gastronomie, qui ses grands crus, qui ses grandes écoles, qui ses services publics, qui sa sécurité sociale, qui ses droits de l’homme, qui ses centrales nucléaires sécurisées, qui son air pur, bref, un jardin des Délices qui doit rester bien à l'abri entre ses frontières hexagonales.
Pour moi, aujourd'hui, ce qui est en cause, ce n'est ni la France ni la couleur de la peau des gens, c'est la démocratie et la république, les droits des femmes et l’avenir des filles, les libertés, toutes les libertés, de croire et de ne pas croire, droit de mourir dans la dignité, droit de choisir librement son partenaire sexuel, droit de caricature et de blasphème.
Et si l’on veut réellement sauvegarder la démocratie et la république, y a-t-il lieu d’un débat ? Commençons par appliquer la loi de séparation du religieux et de l'état. Mais pour cela, il faudrait que nos hommes politiques aient le courage de défendre ce que nos parents et grands parents ont conquis au prix de mille sacrifices. J'y crois encore.
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12:35 Publié dans Colère | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : laïcité, religion, islam, catholicisme, éducation
05/03/2011
Votre Sainte Eglise n'a pas de leçon de laïcité à donner à l'islam
Si on pouvait en finir avec les racines ! Mais quelles racines Monsieur Sarkozy ? Chrétiennes ? Mais que m’importe le baptême de Clovis ? Dois-je rappeler tout le mal que votre sainte Eglise a fait au peuple ? à la France ? au monde ? A-t-on oublié avec quel acharnement Elle s’est employée à défendre la monarchie et ses privilèges quand un peuple affamé se préparait à transformer un pays et le monde ? Avec quelle violence, alors en pleine force de l’âge, Elle infligea tortures et peine de mort aux esprits éclairés, scientifiques, philosophes et aussi ne l’oublions pas, chrétiens dont la foi sincère mais non conforme au dogme était jugée hérétique ? Doit-on rappeler les conversions forcées, la persécution des juifs à la veille des croisades et encore après, et rappeler les dragonnades, le sort réservé aux protestants après la révocation de l’édit de Nantes ? Et rappeler quel fut Son rôle pendant le deuxième conflit mondial et le génocide nazi ?
Voyez-vous, si le peuple français cherche ses racines, je ne souhaite pas qu’il les cherche dans cette direction. De ce côté, il y eut trop d’intolérance, d’aveuglement, de violence. Des racines ? Un terme qui convient aux végétaux, pas aux êtres humains que nous sommes devenus, par l’évolution, l’expérience, l’intelligence, la mobilité, la liberté. Je suis certain Monsieur, que nous devons plus à Périclès qu’à Clovis. Plus à Socrate qu’à Thomas d’Aquin. Plus au courage de Jean Moulin qu’au silence de Pie XII. Plus à l’auteur de « L’esprit des lois » qu’au « préposé général » de la compagnie de Jésus porte-parole de l’absolutisme.
Si des racines sont à chercher, c’est au pied, en baissant la tête. La France ferait mieux de se souvenir, oh là attention, pas de ces héros de champs de bataille qui ont semé la mort sur l’Europe et outre-mer, non, pas des Louis XIV ou Napoléon, monstres qui seraient aujourd’hui présentables devant un Tribunal Pénal International, non. Ceux-là ne méritent pas qu’on se souvienne. Mais qu’on rappelle les vrais héros, ceux qui, contre une terrible adversité, ont mis leur esprit au service de la paix, de la tolérance et du progrès humain. Il y en a des milliers dont les corps reposent sous notre sol. Et ceux-là, Monsieur, au-delà de tout chauvinisme, ne sont pas tous français. Il y en a des milliers, Américains, Britanniques, Africains qui se sont battus, ici, pour qu’aujourd’hui un président de la république soit élu par un peuple, un peuple disposant de toutes les libertés.
Si une religion à but totalitaire menace aujourd’hui laïcité et démocratie dans notre pays et sur le continent, ce n’est pas en faisant l’apologie d’une autre que nous l’arrêterons. Votre Sainte Eglise n’a pas de leçon de laïcité à donner à l’islam. Et de dire cela ne m’empêche pas de respecter les chrétiens sincères, s’ils pratiquent leur culte en privé, et s’ils se défendent d’affirmer que ce sont là mes racines.
12:23 Publié dans Colère | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : eglise, catholicisme, racines, france, islam
02/03/2011
Larmes de crocodile
Indignation générale. Les crimes de Khadafi indisposent le monde entier. Jusqu’aux plus fidèles supporters du monstre.
Question : qui s’intéressait il y a seulement 1 mois à la situation du peuple libyen ?
Il n’y a pas si longtemps, alors que l’Innommable était déjà dictateur et sanguinaire, son anti-américanisme, sa posture anti-occidentale étaient approuvés et même admirés par certaines gauches et extrêmes gauches mondiales.
Mais le vent a tourné. La monstruosité du héros anti-impérialiste se révèle au grand jour quand son peuple se réveille. On ne sait pas si le jet stream planétaire de la démocratie viendra à bout des barbaries totalitaires. On ne sait pas, on le souhaite. Mais ce qu’on sait, ce qu’on voit, c’est que des peuples se lèvent qui font entendre la voix de la raison restée trop longtemps inaudible dans ces parties du monde. Et les bêtes immondes blessées, acculées, montrent ce qu’elles sont quand les armes qu’elles ont elles-mêmes affûtées se tournent contre elles : des êtres cupides qui n’ont réussi qu’une chose, spolier le peuple et amasser des fortunes. Le vent a tourné, la tempête gronde. Les rats quittent le navire, et pas seulement les membres des cliques dictatoriales. Les amis d’antan –communistes en particulier qui ne levaient pas le petit doigt contre Khadafi (1) après avoir adulé les Honnecker et Ceaucescu, ces bâtisseurs de palais pour eux, de prisons pour leurs peuples, les communistes maintenant vont-ils oser poursuivre le guide d’un pays frère pour crime contre l’humanité ?
L’ONU prend ce chemin. Bizarre aussi cet empressement de l’organisation internationale pour condamner le dictateur. Je me rappelle une certaine conférence à Durban, au cours de laquelle les accusations d’atteinte aux droits de l’homme étaient exclusivement pointées sur Israël. Les atteintes aux droits des femmes dans les pays musulmans ? Motus. Les déclarations guerrières et antisémites de Ahmedinejad ? Bouche cousue. Plus récemment : la persécution des chrétiens d’Orient ? Chut… Le sort de Sakineh ? Les condamnations des opposants en Chine ? Le Tibet ? Les emprisonnés politiques à Cuba ? Les provocations guerrières de la Corée du nord ? Chut ! L’ONU se réveille un peu tard, ce qui nous donne le droit de mettre en doute la sincérité des membres de sa commission des droits de l’homme, à majorité musulmane ou tiers-mondiste il est vrai.
Quant à la France, et à bien d’autres états éplorés aujourd’hui sur le sort du peuple libyen, que n’ont-ils pas réagi plus tôt ? Après l’attentat meurtrier sur le vol écossais, attentat commandité par ce même dictateur, les familles des disparus se sont battues pour que les coupables soient jugés. La France a fait la sourde oreille. Et Kadhafi fut invité dans notre pays, celui où sont enterrées des victimes de sa folie sanguinaire.
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(1) Les communistes et Khadafi, références :
l’Humanité des 3 et 4 janvier 1991 (sur le rallye Paris-Dakar en Libye sans aucun commentaire politique, et Khadafi présenté comme modérateur et négociateur dans la crise du Golfe) ;
l’Humanité du 16 avril 1992 « les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France et la cohorte des vassaux et des mendiants… » qui exaspèrent « des centaines de millions d’hommes et de femmes du sud… » ;
l’Humanité du 28 mars 1998 : Castro, Rasfanjani et Khadafi « Des dirigeants de trois Etats que les Etats-Unis considèrent comme "hors la loi" et tentent de mettre au ban de la communauté internationale. » S’ils n’étaient pas hors la loi, qu’étaient-ils donc pour les communistes français ?
Plusieurs remarques :
1/ On met dans le même paquet un peuple et son dictateur. S’attaquer à Khadafi, c’est s’en prendre au peuple libyen ;
2/ On attise l’opposition peuples du sud/ occident, en accusant –et en des termes qui rappellent la littérature stalinienne (vassaux, mendiants)- les sempiternels coupables que sont les états occidentaux, USA en tête ;
3/ L’humanité rejette les mesures qu’elle qualifie de mesures de force et d’intimidation (l’embargo). Bon. Que proposaient les communistes ?
10:26 Publié dans Colère | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : khadafi, libye, dictature, complaisance, communistes, diplomatie, duplicité

