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06/10/2026

Des tribuns minuscules qui jouent aux révolutionnaires

 

 

  En 1968 personne n’a risqué sa vie, en France. Révolte enthousiaste, passionnante, intelligente, imaginative, créatrice. Mais au risque d’attirer des critiques, je dirai révolte de riches. Quant à six heures du matin nous allions diffuser des tracts appelant à la grève à la porte des usines, certains d’entre nous n’avaient-ils pas au fond d’eux-mêmes mauvaise conscience de lancer des appels à des gens qui « embauchaient » pour nourrir une famille ? Le fossé entre le monde étudiant et celui de la classe ouvrière ne s’est pas comblé même si pendant un mois et demi un ennemi commun fut désigné. Ce qui ne retire rien à la spontanéité des étudiants et à la volonté d’une partie de la jeunesse de changer la vie. Nous assistâmes à un déferlement d’intelligence tel, que je me demande comment, cinquante ans après avoir adressé à la face du monde et à De Gaulle le slogan provocateur et malicieux que nous étions tous des juifs allemands, comment on a pu tomber si bas, laissant se développer le racisme, l’antisémitisme, le port du voile pour les femmes, la négation ou le doute sur la Shoah, le refus de l’enseignement de la théorie de l’évolution, les prières de rues… Tout ça pour ça !

 Ces gens qui ont aujourd’hui soixante-dix ans et plus couraient, fuyant l’ancien monde, celui de l’exploitation de l’homme par l’homme, de la femme par l’homme, ils avaient su (et comment !) remettre le dogme religieux à sa place, celle de l’ignorance et de la bêtise. Ils avaient brisé les préjugés, le chauvinisme et son frère le nationalisme, ils avaient montré que l’origine de la violence et des guerres n’était à rechercher ni chez « l’ennemi » ni dans la psychologie humaine mais chez les marchands de canon. Ils ont commis aussi des erreurs que je dénonce régulièrement ici. Qui n’en commet pas, emporté par l’élan révolutionnaire ?

  A côté et parfois très loin du fatras idéologique, il y avait les travailleurs. Qui n’étaient pas tout à fait ceux dont on parlait dans les livres, qui nous écoutaient gentiment dans les réunions de famille ou plus rarement dans les meetings, et dont l’esprit était ailleurs. Ils pensaient que le capitalisme avait ses avantages. A l’opposé, nous avons aujourd’hui des tribuns d’occasion qui jouent aux révolutionnaires et partagent une vision du monde assez proche de celle des staliniens des années cinquante, sombrant dans l’antiaméricanisme primaire, l’antisionisme, et font des ronds de jambes à tous ceux qui, islam en tête, dirigent leur critique et leurs armes contre les démocraties occidentales.

 Si je rends hommage à ceux qui en 68 ont osé, si je relève régulièrement les conséquences désastreuses de certaines idées développées alors : critique de toute autorité, libération totale des mœurs, interdiction de tout interdit, je n’approuve pas pour autant celles et ceux qui faisaient le dos rond, passant tranquillement leurs examens, pensant avant tout à leur carrière, et surtout qui se permettraient de dire, cinquante ans après, qu’ils avaient eu raison de se taire.  

 Pour que le pire survienne, il suffit que les gens de bien se taisent. La mauvaise conscience ne torture que les personnes qui ouvrent les yeux. Si vous voulez dormir tranquille, fermez-les et plus tard quand le pire surviendra, vous direz que vous n’avez rien vu. 

 

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04/10/2026

Instruire, éduquer, n’est-ce pas déjà trop tard ?

 

 

 

 Les gens honnêtes, travailleurs le plus souvent, jeunes ou plus vieux ont raison de s’en prendre aux professionnels du désordre. Mais au-delà des commerçants, des policiers, des professeurs, des employés municipaux, des millions de citoyens qui vont payer les dégâts, les premières victimes des violences provoquées par ces tribuns irresponsables sont les lycéens.

 Pas seulement ceux qui veulent apprendre, travailler et passer leurs examens, mais aussi tous les autres que la république accueille gratuitement dans ces écoles où les professeurs tentent -souvent avec courage- de transmettre le savoir nécessaire.

 Oui, il en faut du courage pour transmettre un savoir qui depuis un demi-siècle a été mis de côté sinon méprisé par des chercheurs en pédagogie qui, loin des salles de classe, prétendaient savoir ce qu’il fallait transmettre, et comment. Le résultat nous l’avons, en écoutant ce que disent nos enfants et en déchiffrant ce qu’ils écrivent. Ils sont les premières victimes. Les professeurs le sont aussi, car le désastre est si grand qu’ils peuvent penser que c’est trop tard, que leurs efforts sont inutiles.

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26/09/2026

Ce journaliste privé d’antenne avait-il nuit aux droits d’autrui ?

 

 

 

 Le 24 août 1789 lors du débat sur la liberté de la presse à l’Assemblée nationale constituante, il fut question des limites qui pouvaient être imposées à cette liberté.

 Ainsi, l’article XIX déclare que la libre communication des pensées ne doit être restreinte « qu’autant qu’elle nuit aux droits d’autrui ».

En 2026, les journalistes qui n’ont plus accès à l’antenne des médias publics ont-ils contrevenu aux droits d’autrui ? Ont-ils tenu des propos racistes, xénophobes, antisémites ? Ont-ils fait preuve d’homophobie ? Se sont-ils montrés favorables aux thèses fascistes ou nazies ? Ont-ils mis en cause la place et le rôle des femmes dans la société ?

 A propos des femmes, on aimerait savoir si les journalistes qui s’expriment chaque jour sur les ondes publiques ont manifesté leur soutien aux femmes iraniennes persécutées ? S’ils ont révélé et désapprouvé les mises à mort par pendaison des opposants au régime islamique d’Iran ? S’ils ont appelé et participé à la marche contre l’antisémitisme après le pogrom du 7 octobre 2023 ? S’ils ont exprimé leur souhait de voir désarmés le Hezbollah, le Hamas et les groupes terroristes afin que les peuples du Proche Orient puissent vivre en paix ? S’ils ont contribué à la libération de Boualem Sansal incarcéré par la dictature algérienne ? S’ils ont condamné les propos et agressions antisémites qui menacent les français de confession juive ?

 Enfin reviendra-t-il à l’antenne de France Inter, ce chroniqueur « humoriste » qui a dit :

« Vous ne trouvez pas qu’il a la tête d’un rat ? »…

…en parlant d’un élu de la république, avant de s’en prendre à l’homosexualité de ce dernier ?

 

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11:19 Publié dans Colère | Lien permanent | Commentaires (0)