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14/06/2026

Manque de moyens : la cause du mal ?

 

 La difficulté qui se présente à nous, c’est l’effacement de la personne. A force de tout expliquer en termes généraux de classe, d’ethnie, de continent, de mode de vie, de croyance ou de communauté, les individus que nous sommes ont vu leur jardin secret réduit comme une peau de chagrin. On nous dit que s’il y a une vérité quelque part, elle est à rechercher avant et ailleurs. Jamais en nous-même. Avec la fin de l’individualité et le mépris vis-à-vis de l’idée de personne, c’est le culte de l’irresponsabilité qui s’impose. Sociologisme, marxisme et psychanalyse ont beaucoup travaillé. La responsabilité s’est déplacée de l’homme vers la société, l’histoire, le passé, le père, l’autre, le ça. Si le délit, le viol et le crime s’expliquent, comment au bout du compte ne pas les excuser ?

 L’individu est devenu un résultat, un croisement de voies, de rocades et de déviations infinies au bout desquelles il se perd et disparaît. Nous serions devenus à ce point irresponsables que les bonnes âmes de radio nous conseillent de nous couvrir, d’être prudents sur la route ou de mettre de la crème solaire. Des associations de bénévoles ramassent nos détritus sur les plages. On nous apprend comment élever nos enfants. On nous dit pour qui il ne faut pas voter, qu’il faut éviter les graisses, ne pas fumer, rester sobre, on nous apprend aussi à fermer les yeux, à penser comme il faut. Les journalistes ne parlent plus de père et de mère, mais de papa et de maman. Nous sommes sous assistance perpétuelle, traités comme des enfants dans une société où il n’est plus nécessaire d’exister. La preuve : ces millions de messages semés sur tous les sites, pour dire le plus souvent ce qui passe par la tête, sans signature. Société d’anonymes qui ont des idées sur tout sans le courage d’en être les auteurs. D’où les injures et pire encore : les mensonges, la haine, le racisme, l’antisémitisme, l’homophobie, la pornographie, la pédophilie. L’anonymat caché sous un pseudonyme est la manière d’être de pseudo individus qui n’ont pas encore quitté leur nid et s’y calfeutrent.

 Ce qu’on ne peut supporter dans les régimes totalitaires, c’est que l’Idée (incarnée par le Guide) dicte ce qu’il faut penser et faire. Mieux encore, qu’il incombe au peuple de se convaincre qu’il est lui-même l’auteur de ce qu’en réalité on lui fait penser et faire. Le risque qui est le nôtre aujourd’hui dans cette société qui voit disparaître toute idée d’individualité, où toute pensée personnelle est écrasée sous une montagne d’informations et de désinformations à la portée de tous, c’est que l’opinion comble le vide et qu’à côté du législatif, de l’exécutif et du judiciaire un quatrième pouvoir s’installe qui les transcende tous : celui de l’irresponsabilité. Promesse d’un nouveau totalitarisme contre lequel, à l’heure qu’il est, nous ne sommes pas suffisamment préparés.

 Si j’avance que la cause du viol et de la mort d’une fillette ne s’explique pas par le manque de budget consacré à la justice, qu’est-ce que je ne vais pas entendre ! Allez-y, mettez de l’argent partout et vous verrez, l’école instruira, l’hôpital soignera, les parents éduqueront, la police interpellera, et justice sera rendue ? Mais qui va croire cela ?

 Dans notre société aujourd’hui, personne n’est responsable. Si tout va mal, le manque de moyens est toujours en accusation. J’ai été longtemps hospitalisé dans différents établissements et centres de rééducation. Je peux vous dire que si parfois j’ai eu à me plaindre, ce n’était pas à cause du manque de personnel. Et si par ailleurs j’ai pu apprécier la qualité des soins, c’était bien grâce au courage et au professionnalisme des infirmières qui pourtant étaient souvent débordées !

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03/06/2026

Le pluriel ne vaut rien à l'homme. (G.Brassens)

 

 

 

 Pour le vainqueur et ses supporters, cette soirée aurait pu être une fête. Mais des rues ont été saccagées, des vitrines brisées et des abris bus démolis. C’est désolant de voir des jeunes s’en prendre aux institutions, et aux premiers défenseurs de celles-ci que sont les gendarmes et les policiers.

 Plus que désolant, c’est incompréhensible au sens propre du mot : on ne comprend pas. Pas la moindre revendication, pas le moindre slogan, pas le moindre mot qui pourrait expliquer cette violence.

 Au cours de notre histoire, il y en eut de la violence, jusqu’à des guerres civiles. Mais toujours il y avait une raison : l’injustice, une querelle religieuse, le besoin de changer les choses (ou de ne pas les changer), un adversaire de l’extérieur ou de l’intérieur était désigné, on allait jusqu’à brûler son effigie ou à le brûler tout court. Violentes et parfois meurtrières, les grandes révoltes populaires étaient revendicatives. Elles s’annonçaient, se déclaraient, et ainsi elles s’expliquaient.

 Aujourd’hui, rien. Pas un mot, pas de calicot, aucune demande ! Quant au projet, n’en parlons pas. Même si, malgré la triste expérience que nous avons des terreurs révolutionnaires, on en viendrait presque à souhaiter entendre ce jeune clamer : « Changer la vie ! » quand il brandit un canon d’artifice. Mais non, rien. Que des coups, des cris, du bruit et de la fureur.

 Celui qui demanderait, regardant ces scènes terribles qui tournent en boucle sur toutes les chaînes, s’il vous plaît arrêtez l’image…là : qui est cet individu, pourquoi frappe-t-il, quel est son métier, pourquoi est-il ici maintenant ? Comment l’histoire de sa vie passe-t-elle par ce moment tragique ? L’ingénu qui poserait ces questions pourtant essentielles n’aura pas de réponse, même si sur le plateau tous les experts possibles sont réunis.

 En dernier recours, on nous fera encore le coup de la « misère ». La gauche est maîtresse en la matière. Capitalisme > exploitation de l’homme par l’homme > inégalités, misère > délinquance. Cette équation sociale, sociologique, globalisante ne conjugue jamais l’être humain au singulier. Ce que nous appelions la « personne humaine » n’existe plus. Personne n’est responsable. La preuve ? Parmi les centaines d’émeutiers interpellés, aujourd’hui : aucun n’est en prison.

 Hommage aux 178 policiers et gendarmes blessés.

 

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28/05/2026

Y a-t-il un parti d’extrême droite en France ?

 

 

 

 Les bien-pensants répètent à qui veut l’entendre qu’en France le danger numéro 1 c’est l’extrême droite. L’extrême droite occupe-t ‘elle une place centrale dans la situation politique de la France d’aujourd’hui ? Et d’abord, qu’est-ce que l’extrême droite ? Ceux qui s’intéressent à l’histoire le savent, l’école leur a appris : c’est le fascisme, le nazisme, les croix de feu, les ligues, le racisme et l’antisémitisme, les déportations, les souffrances, les crimes et le négationnisme.

 Sachant cela, y a-t-il aujourd’hui dans notre pays un parti d’extrême droite ? Si cela était, ça se saurait, il faudrait agir immédiatement pour l’interdire, juger et condamner ses dirigeants sur l’heure. Mais à part ici ou là des injures et des actes racistes ou antisémites, je ne vois aucun parti pour les prôner. Ah si, j’ai entendu récemment des mots inquiétants* classant et jugeant les français selon la couleur de leur peau. Un parti était effectivement à l’origine de ces horreurs, mais contre toute attente, il n’était pas de droite. 

 

* « tout blancs, tout moches »

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