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19/04/2026

Insultes racistes

 

Le bourgeois

qui porte sur ses épaules

l’humanisme planétaire et la paix entre les peuples,

s’insurge

contre l’idée qu’il pourrait y avoir un racisme anti-blanc.

 

Libé et Télérama sous le bras,

il flâne sur les quais de Seine.

Le soleil d’un printemps tardif darde ses rayons sur l’onde,

des reflets fantomatiques s’animent sur les reliefs du Pont-Neuf.

Il est content. Il a lu dans son journal que…

 

le racisme en France touche les personnes d’origine étrangère,

dont la peau n’est pas blanche.

 

Bon ! Qu’il y ait parfois des abus,

dites-vous qu’ils viennent de personnes qui en ont assez

d’être discriminées.

 

Si vous entendez un jour « sale blanc, sale français »,

dites-vous que c’est un appel au secours,

cri de quelqu’un qui souffre, victime du capitalisme sauvage,

un laissé pour compte,

un jeune en mal de vivre, un martyr, pire :

un produit de votre propre société en décomposition.

 

Répondez à son appel, excusez-vous

afin qu’il vous pardonne

d’être l’arrière petit-fils d’un homme

qui a peut-être été pour quelque chose dans la colonisation de son pays,

et… qui sait ?

 

Qu’il vous pardonne d’avoir élu en mai 1981

 un président de la république qui,

garde des sceaux du gouvernement en 1956, n’était pas le dernier

à accepter et même ordonner

 les décapitations de nationalistes algériens, et

du responsable du parti communiste de ce pays.

 

Quand au racisme, ce fléau n’a pas de couleur.

Il est universel, malheureusement.

Et celui qui insulte une personne parce qu’elle est française

 et blanche de peau

commet un délit et doit être puni.

 

  • §

 

19:30 Publié dans Colère | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : racisme anti-blanc

11/04/2026

Être bourgeois...

 

 ...c’était posséder des biens, ne rien faire de ses mains et tirer profit du travail de l’ouvrier. En gros, le bourgeois était celui qui accumulait un capital en exploitant le travail, d’où le terme plus précis de « capitaliste ».

 Ce dernier existe encore et s’est même enrichi. Il ne fait toujours rien de ses mains, mais survole en classe affaire les cinq continents, manageant de son fauteuil d’immenses entreprises qui produisent tout ce que le cerveau humain est capable de concevoir, pour le meilleur et pour le pire. Le capitaliste d’aujourd’hui accumule un capital sans jamais devoir un jour manipuler une machine ni même mettre le pied dans une usine. Il est hors de portée, parfois même anonyme. Et gare à celui qui –plus téméraire que les autres- oserait passer en revue ses outils de production, revêtant le temps d’une visite le bleu des ouvriers et leur parlant en camarade. Ça ne prend plus. Et quand survient le jour des mauvaises nouvelles à annoncer, il pourrait bien prolonger sa visite barricadé dans un bureau, gardé par trois molosses de la tendance dure jusqu’à satisfaction des revendications.

 A l’instar de l’ouvrière, la classe bourgeoise s’est métamorphosée. On peut être bourgeois sans atelier, sans usine et même sans bureau, sans outil de production ni salarié. Je me demande même s’il n’y a pas ici ou là quelque bourgeois sans le sou. La bourgeoisie n’est pas nécessairement associée à la possession d’un capital, elle est un état d’esprit, une manière d’être. Son origine il faut la chercher dans ce qu’on appelait autrefois l’aristocratie ouvrière, les cols blancs. Si nombre de travailleurs ont été maintenus dans une condition prolétarienne ou pire, rejetés hors du système de production, la majorité d’entre eux s’est enrichie. Suite aux révolutions technologiques, aux lois sociales, aux conquêtes syndicales, la classe ouvrière a changé, nombreux sont les travailleurs qui épargnent, accumulent même parfois un capital, investissent dans une maison, des automobiles, et mènent un train de vie qui aurait été inimaginable il y a un siècle. « Embourgeoisement » est un mot inélégant, péjoratif, presque une insulte, mais qui permet de mieux cerner la personnalité du bourgeois, son état d’esprit, en mettant le doigt là où ça fait mal : sur son origine. Le bourgeois, c’est celui qui ne l’était pas avant, qui est parvenu à un certain statut social, plus confortable, qui possède quelques biens, qui ne travaille plus de ses mains, croyant en des valeurs morales compatibles avec une vie rangée, méfiant vis-à-vis de tout ce qui pourrait bouleverser l’ordre établi. Cette méfiance s’associe chez lui à une certaine lucidité : il ne voit pas le monde à travers les lunettes toujours trompeuses d’une idéologie. Sa lutte finale à lui, c’est l’assurance que son patrimoine sera sauvegardé, si possible augmenté. En politique, s’il réprouve les extrêmes, l’intolérance et le terrorisme, c’est toujours à demi-mot, en catimini et dans des cercles restreints. Chez lui pas de manifeste, pas de revendications, pas de slogan à inscrire sur calicot. On ne verra jamais le bourgeois défiler en hurlant :

 

« Pour la suppression des impôts sur la fortune ! »
« Préservons les inégalités sociales ! »
« Vive la société capitaliste ! »

 

 Ce sont des choses qui ne se disent pas, qui se crient encore moins. Le conservatisme n’est pas un programme, encore moins une fin. Et c’est là toute la force des idées qui, à l’autre bout de l’éventail politique, appellent au changement. En refusant le statut quo elles séduisent, s’expriment, se crient, se développent et mobilisent. La tentation est grande de se ranger du côté de ceux qui promettent le renouveau. Et si le bourgeois est conservateur dans l’âme, il se permet parfois quelque dérapage. Il brave la tradition en prenant -soit par amusement, soit pour se donner bonne conscience- des airs rebelles. Il y a aujourd’hui figurez-vous, des bourgeois de gauche. Ils s’indignent de tout ce qui ressemble à des idées, des postures ou des instances réactionnaires : le racisme, le machisme, l’homophobie, le tout sécuritaire, l’armée, la police, les multinationales, l’impérialisme américain, Eurodisney, l’OTAN, le sionisme, les chaînes d’information privées pour « grand public », ils s’en sont même pris à « Harry Potter »…avant de reconnaître que les enfants des écoles, passionnés par le thème de la magie se mettaient à lire.

 Il y a une chose dont ils ne s’indignent pas : c’est l’incompatibilité entre leur soif affichée de justice et… leur statut social. Qu’un ouvrier se laisse entraîner vers l’idéal communiste, on peut le regretter, mais il n’y a rien à reprocher à une personne dont la situation justifie qu’elle souhaite un partage des richesses. Mais qu’une autre qui dispose de tout, qui habite un quartier tranquille et dispose d’une retraite confortable vienne reprocher à quelqu’un qui n’a rien de tout cela de n’être pas insensible aux sirènes des extrêmes, ou tienne à qui veut l’entendre un discours social, là il y a quelque chose d’insupportable. Bref, parce que je me méfie de tout ce qui est contre nature, le bourgeois je le préfère de droite.

 

§

 

07/04/2026

Totalitarisme en marche

 

 

 

 Les succès remportés par l’extrême gauche aux élections municipales montrent une forte poussée du communautarisme. Mais ils montrent plus encore, car ce ne sont pas seulement des cris de joie qui ont été scandés lors des résultats, mais des insultes qui ont été proférées à l’égard des battus. Le plus inquiétant, c’est que ces derniers n’étaient pas toujours du camp d’en face, mais parfois des représentants de partis alliés. C’est le cœur du problème : en cette soirée électorale nous n’avons pas eu affaire à des agissements d’extrémistes, ces derniers ont toujours existé. Non, il s’agit ici d’une véritable police de la pensée. Si tu ne penses pas comme moi, je te fais taire. C’est la base du totalitarisme. Sous Hitler, tu étais un ennemi du Reich. Sous Staline, un ennemi du peuple. Ton sort était dès lors réglé, car une société peut tolérer une opposition, un contradicteur ou un adversaire, si elle est démocratique, elle peut lui laisser la parole et des sièges. Mais si elle ne l’est pas, le contradicteur devenant un ennemi, il doit être éliminé.

 Nous n’en sommes pas là, car ces gens n’ont gagné que quelques communes. Mais ils ne sont seuls qu’en apparence. Dans le meeting qui se présentait comme un rassemblement contre le racisme, des journalistes ont été insultés par une partie de la foule, certains molestés, une femme blessée. Pourtant les médias n’ont pas ou peu rapporté ces faits d’une extrême gravité. La liberté de la presse est une des premières exigences de la démocratie. Ceux qui s’en prennent à elle, s’ils parviennent un jour au pouvoir…

 J’ai écouté les discours prononcés à Saint-Denis et à Sarcelles : plus des formules que des discours, lus sur téléphones portables ! Pour ceux de mon âge, oh non ! tout n’était pas beau lors des manifestations en 1968 je l’accorde. La beauté était-elle dans la rue, comme le disait le slogan des Beaux-arts ? Aujourd’hui, c’est sûr qu’elle n’y est pas.

 

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