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08/07/2026

Bonne conscience

 

 

 On critique beaucoup l’extrême droite. Ce qu’on oublie de dire, c’est qu’elle accorde à peu de frais une bonne conscience à nombre de ses détracteurs. A peu de frais, car il suffit d’apparaître quelques minutes sur les pavés de Paris, d’élever la voix autour d’une table ou de cliquer au bas d’une pétition pour se donner des airs de combattant anti-fasciste.

 On réside à vingt lieues des zones de non droit, mais on clame autour du barbecue que tout le monde est très gentil, ou presque. Les femmes et les honnêtes gens se verraient interdire l’accès dans les commerces, les cafés et les quartiers qu’on les tiendrait pour menteurs ou identitaires.

 Bon, critiquer l’extrême droite est bon pour le moral du bourgeois tranquille dans son jardin. Il ne croit que ce qu’il voit, et comme il est loin de tout, à cent lieues du chômage, de la misère, de la détresse et de l’injustice, il est un révolté contenu, un insurgé rentré. S’il lui arrive d’être extrême, c’est dans la modération. Ses virulences sont rares mais démonstratives. Au-delà des idées, des convictions, plus forte que toutes les indignations, la bonne conscience écrase tout sur son passage à commencer par la conscience.

 Le fachophobe d’aujourd’hui est à l’anti-fasciste réel ce que le héros de Cervantès est au combattant anti-franquiste de 1936.

 

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30/06/2026

No passaran !

 

 

 Aux origines, syndicalistes, socialistes, communistes, anarcho-syndicalistes et plus tard trotskistes constituaient le mouvement ouvrier. Leur idéal (car eux en avaient un) était l’organisation future d’une société débarrassée de l’exploitation de l’homme par l’homme, où chacun aurait vécu selon ses besoins, où le travail aurait été une source de richesse pour tous. Le combat pour cet idéal en a mobilisé des énergies ! Associant le cœur et la raison, il fut à l’origine des plus belles créations humaines dans tous les domaines de la culture, de la poésie à la chanson, de la peinture à la photographie, du théâtre au cinéma, des révoltes à la Révolution.

 Aujourd’hui, que propose la gauche ? Quel est son idéal ? Quelle piste emprunte-t-elle pour accéder à la société future ?

 Les seules voix encore audibles sont celles de nos bons vieux socio-démocrates qui savent concilier liberté et autorité, éducation et laïcité, liberté d’entreprendre et pouvoir de l’état. Mais en France ils sont désormais minoritaires, à l’écart des partis officiels, accusés même parfois d’être de droite.

 N’étant plus entendue des gens qui souffrent, la gauche s’est retirée dans des quartiers où il fait bon vivre, où elle débat passionnément de sujets qu’elle sélectionne, mettant en épitaphe le peu qui lui reste de l’humanisme qui l’anima pendant deux siècles.

 Pour ceux qui ne font pas partie du club : No passaran ! Il faut un droit de passage, une accréditation. Selon l’antienne marxiste bien connue : ne pas confondre l’avant-garde et la classe ouvrière, bien que l’une n’existe pas sans l’autre, elles restent distinctes, à l’image de ce qui sépare le savoir et l’ignorance. L’avant-garde sait que la classe ouvrière est porteuse du sort de l’humanité. L’humble travailleur, lui, ne le sait pas. Mais depuis Marx, de mensonges en trahisons, de Lénine en Pol Pot, la réalité a changé. D’ailleurs aujourd’hui la gauche a-t-elle encore quelque chose à voir avec la classe ouvrière ?

 Son programme consiste d’abord à désigner l’ennemi. On ne construit rien sans savoir contre qui l’on se bat. Première cible à marquer d’une croix rouge : l’extrême droite (sans trop savoir ce que c’est, on en invente une), viennent ensuite Trump et l’Amérique, Netanyahu et Israël, Bolloré et sa presse (qui inquiète car elle rencontre du succès dans la population), les patrons et le capitalisme en général (sauf quand ils financent les partis de gauche), sans oublier les forces de l’ordre qu’il convient de désarmer.

 Si elle a peu d’amis dans la population laborieuse, la gauche en a beaucoup dans la presse et les médias. Sans oublier ceux qui, au pouvoir, ont compris depuis belle heurette, qu’elle ne représente plus un danger pour eux, étant très attachée aussi au maintien de l’ordre socio-culturel existant. Pour cela, ils n’hésitent pas à se taire ou à mentir pour éviter d’affronter un réel qui les inquiète. C’est la présidente d’une chaîne d’information publique qui a bien exprimé cette stratégie : « Présenter la réalité non telle qu’elle est, mais telle qu’on voudrait qu’elle soit. »

 Plus qu’un club, la gauche est une communauté de pensée. Peut-être même une communauté tout court. Avec un esprit d’équipe qu’on ne rencontre par ailleurs que dans le sport. Même vocabulaire, mêmes sujets de conversation, mêmes colères, mêmes crispations, mêmes coups de cœur et aussi parfois : mêmes silences.

 Certes, les idées de droite soulèvent rarement l’enthousiasme, mais la fréquentation des personnes qui les partagent est moins stressante, plus apaisante. Allez savoir pourquoi...

 Quelques suggestions : Trop occupée à son portefeuille, à la plus-value de ses revenus ou simplement à l’entretien de ses propriétés si modestes soient-elles, de Manifeste, de Programme commun, de Front populaire, la droite n’en a jamais eu. Ce sont des projets qui supposent au moins un accord de pensée, une certaine discipline et l’unité dans l’action. Où la droite aurait-elle trouvé le temps d’échafauder un projet socio-économico-politique à l’échelle universelle, ou même seulement nationale ? Un handicap en politique, mais la possibilité pour des amis de passer une soirée tranquille sans être houspillés par les colporteurs d’une pensée réduite à des slogans.

 

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19/06/2026

Un moment historique

 

 

 Une conseillère municipale fait un salut nazi en plein conseil, à l’adresse du maire de Perpignan (élu démocratiquement et qui remplit correctement sa fonction, sa réélection le prouve).

 Un chef de parti accuse le CRIF et un élu socialiste d’avoir été à l’origine de la décision du préfet de Paris d’interdire un rassemblement du parti d’extrême gauche le jour de la fête de la musique.

 Des députés invoquent les camps et la déportation pour ne pas débattre d’une loi allongeant l’incarcération d’étrangers en situation irrégulière et qui présentent un danger pour la population.

 Un parti issu à l’origine de la classe ouvrière qui se présentait depuis le début du siècle dernier comme le défenseur de la population laborieuse, représenté par les plus grandes figures de l’humanisme contemporain (Jean Jaurès, Léon Blum), qui aujourd’hui est tenu en laisse par la pire des cliques totalitaires…

 …cette clique qui, si les français le veulent bien, sera présente au second tour des élections présidentielles !

 Oui vraiment, nous vivons un moment historique car jamais peut-être la responsabilité n’a pesé aussi lourd sur nos épaules.

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