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07/09/2026

L’extrême gauche met en cause le suffrage universel.

 

 

 Paroles prononcées le 2 septembre 2026 par l’un de ses représentants :

« Si on veut créer un surplus de mobilisation dont on considère que c’est à cette seule condition qu’on est en capacité de l’emporter, il faut que la société, excusez moi du terme, soit chaude, qu’elle soit mobilisée, activée, passionnée, impliquée. (…) Si on veut gagner, il faut encourager les conditions d’une mobilisation post-électorale mais aussi préélectorale. Ça me paraît décisif et déterminant. »

Un message que n’auraient pas renié les groupes nazis ou staliniens des années trente. On pourrait donc tout s’autoriser pour que le peuple vote bien.  Et s’il vote mal ?

 

 Les hommes (et les femmes !) de ce pays ont lutté pendant un siècle et demi pour que librement le peuple puisse faire entendre sa voix. Au nom de quoi, de qui, de quelle nouvelle idée faudrait-il que le suffrage universel n’ait pas le dernier mot ?

 C’est l’occasion de rappeler l’article 21 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948 :

 « La volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s’exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote. »

  §

02/09/2026

belles pages : l’abbé Grégoire

 

 

 

 Des enfants de confession juive quittent l’école publique,

des personnes victimes d’insultes ou d’agressions quittent le pays,

une fillette est violée parce qu’elle n’avait pas « avoué » son origine,

l’arbre planté devant la tombe d’Ilan Halimi a été scié dans la nuit,

un rabbin est agressé alors qu’il tient la main de son enfant,

des représentants du peuple s’amusent en prononçant certains noms de famille…

 

Tout cela se passe en 2026, en république française, dans le plus grand silence. Face à ces horreurs, que faire ? Attendre l’émergence de femmes ou d’hommes courageux qui, comme l’abbé Grégoire, oseront un jour se dresser contre ce dogme ancestral fondé sur des mensonges : l’antisémitisme ?

 

Abbé Grégoire, 1789 : Assemblée nationale, Motion en faveur des juifs :

Un siècle nouveau va s’ouvrir, que les palmes de l’humanité en ornent le frontispice ; et que la prospérité, bénissant vos travaux, applaudisse d’avance à la réunion de tous les cœurs. Les juifs sont membres de cette famille universelle, qui doit établir la fraternité entre les peuples ; et sur eux comme sur vous la révélation étend son voile majestueux. Enfants du même père, dérobez tout prétexte à la haine de vos frères, qui seront réunis un jour dans le même bercail. (…) Et qu’enfin le juif, accordant au chrétien un retour de tendresse, embrasse en moi son concitoyen et son ami.

Abbé Grégoire, octobre 1789 : projet de décret :

(L’Assemblée nationale) défend sévèrement d’insulter les membres de la nation juive, qui, tous, désirent de trouver dans les français des concitoyens, dont ils tâcheront de mériter l’attachement et l’estime.

 

§

 

 

02/08/2026

Si Dieu n'était qu'une idée ?

Slovaquie, 2022. Alors qu'elle était au lycée dans les années 80, Jana avait été choquée par les propos du professeur de philosophie pour qui "Dieu n'était qu'une idée des hommes".

 

 " Mais enfin, se dit-elle, pourquoi tant de gens sont-ils croyants? Elle se rappelle ce qu’on lui avait enseigné à l’école et au lycée, que la religion était un opium pour les peuples, qu’elle était un rempart dressé par les capitalistes pour contenir la révolution sociale. Il lui avait fallu attendre les années 90 pour apprendre ce qui s’était passé dans la nuit du 13 au 14 avril 1950. Des milices commandées par la police du régime investirent les monastères et arrêtèrent les religieux. Certains furent torturés lors des interrogatoires, et emprisonnés. Ceux qui ne renonçaient pas à leurs vœux étaient exécutés. Pour beaucoup d’entre eux, le choix était la mort ou ce que le régime appelait la « rééducation » dans des lieux affectés spécialement. Pour justifier la répression, la stratégie du pouvoir était la même que celle appliquée lors des procès à Moscou : on accusait les dissidents d’être des traîtres ou des espions au service de l’Amérique. 

 Alors ? Si tant de gens ont la foi aujourd’hui, après plus de quarante ans de ce qu’il faut bien appeler la Terreur, c’est peut-être que celle-ci justement, si elle met au pas la population, ne parvient jamais à imposer son dogme dans la conscience profonde de l’humanité. Bien au contraire, mettant fin au totalitarisme, la révolution de 1989, par la prise de conscience des horreurs qu’il a engendrées, a redonné confiance et foi à ses concitoyens. Cramponnés à leurs certitudes et avides d’un pouvoir total, des idéologues avaient voulu en finir avec la religion. Comme un feu qu’on ne peut éteindre, elle renaît de toutes parts, plus vivante que jamais. Jana le constate à chaque étape de son voyage. Mais au-delà de l’histoire et des explications politiques, si tant de gens ont la foi, on peut se demander s’il n’y a pas quelque chose, quelque Chose. Sa majesté Raison nous dit que non. La vie risque alors d’être bien triste sous un ciel dégagé, débarrassé de tout, cavité béante, dernier refuge du désespoir."

(extrait du Voyage de Jana, éditions Vérone, Paris 2025)