27/04/2026
Belles pages: Les complices du mal
Le livre de Omar Youssef Souleimane mérite d’être connu et surtout lu par le plus grand nombre de nos concitoyens, ceux en particulier qui voient année après année s’éloigner un peu plus vers le passé le siècle des Lumières. L’auteur parle de ce qu’il connaît. Il a quitté sa Syrie natale pour retrouver, dans le pays des droits de l’homme, le même fanatisme religieux, alimenté ici par des groupes et des agitateurs politiques influents.
« Nous sommes seuls sur ce chemin d’épines, sans autres alliés que nos propres convictions et cette volonté farouche de défendre ce pays que l’on aime, même lorsqu’il nous tourne le dos. Dans cette solitude, il y a aussi une force immense, une résilience qui ne se laisse pas étouffer par l’isolement. Car, au fond, ceux qui combattent l’intolérance n’ont pas besoin de foules pour avancer ; ils ont la conviction que l’histoire les jugera, non par le nombre de leurs alliés, mais pour la pureté de leur engagement.»
Omar Youssef Souleimane : Les complices du mal, éditions Plon, Paris 2025
17:24 Publié dans Belles pages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : intolérance, islamisme, extrême gauche
24/04/2026
De Paris à Ispahan
« Il faudrait qu’enfin les occidentaux qui prétendent faire la leçon aux autres sortent de leur monde étriqué : démocratie, libertés publiques, laïcité de l’école et de l’état, liberté et émancipation de la femme, instruction pour les filles, droit de changer de religion ou de ne pas croire.
Qu’ils prennent enfin conscience que toutes ces idées leur appartiennent, qu’elles sont leur propre vision du monde et ne sont que cela. Qu’ils cessent de se poser benoîtement la question : comment peut-on être Persan ? Alors qu’ils sont eux-mêmes singuliers pour ne pas dire surprenants quand on les regarde d’Ispahan.
Qu’ils admettent qu’il peut y avoir sur cette planète d’autres opinions, d’autres visions, d’autres façons de vivre, d’autres conceptions de ce qui est bien, de ce qui est mal ! »
Ainsi parlerait mon cousin si j’en avais un. Il aurait lu Montesquieu en tenant le livre à l’envers. Allons cousin, les Lettres persanes ne sont pas un réquisitoire contre la culture d’ici. Elles sont la critique d’une posture ethnocentrique qui consiste à faire passer pour universel ce qui n’est que tradition, opinion et préjugé. Ainsi l’évocation ironique du dogme religieux, quand trois ne font qu’un, n’est pas une flèche pointée sur la religion de l’homme occidental mais sur la bouffonnerie de celui-ci quand il cesse d’être raisonnable, quand la pensée laisse le champ libre à la croyance.
L’esprit des Lumières n’est pas ce petit monde dans lequel baignerait voluptueusement l’homme occidental. Il n’est pas non plus l’étendard de colonisateurs. Il n’est pas une bannière. Il n’est pas un modèle. Il est la pensée en exercice. Pensée qui s’interroge, qui se bat, qui s’épuise parfois. Petite flamme qui s’éteint. Pensée qui renaît et s’insurge. Pensée qui sape, pensée révoltée. Pensée combattue, condamnée, emprisonnée, torturée, brûlée. L’esprit des Lumières n’appartient à personne, il n’est d’aucun pays, il n’a pas d’hémisphère. Il est planétaire. Il appartient aux hommes et aux femmes de partout. Et bientôt aux enfants, car l’école va le transmettre, j’en suis sûr.
§
11:00 Publié dans étrange | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : montesquieu, esprit des lumières, universalisme
19/04/2026
Insultes racistes
Le bourgeois
qui porte sur ses épaules
l’humanisme planétaire et la paix entre les peuples,
s’insurge
contre l’idée qu’il pourrait y avoir un racisme anti-blanc.
Libé et Télérama sous le bras,
il flâne sur les quais de Seine.
Le soleil d’un printemps tardif darde ses rayons sur l’onde,
des reflets fantomatiques s’animent sur les reliefs du Pont-Neuf.
Il est content. Il a lu dans son journal que
le racisme en France touche les personnes d’origine étrangère,
dont la peau n’est pas blanche.
Mais si vous entendez un jour « sale blanc, sale français »,
dites-vous que c’est un appel au secours,
cri de quelqu’un qui souffre, victime du capitalisme sauvage,
un laissé pour compte,
un jeune en mal de vivre, un martyr, pire :
un produit de votre propre société en décomposition.
Répondez à son appel, excusez-vous
afin qu’il vous pardonne
d’être l’arrière petit-fils d’un homme
qui a peut-être été pour quelque chose dans la colonisation de son pays,
et… qui sait ?
Qu’il vous pardonne d’avoir élu en mai 1981
un président de la république qui,
garde des sceaux du gouvernement en 1956, n’était pas le dernier
à accepter et même ordonner
les décapitations de nationalistes algériens, et
d'un militant du parti communiste de ce pays.(1)
Quand au racisme, ce fléau n’a pas de couleur.
Il est universel, malheureusement.
Et celui qui insulte une personne parce qu’elle est française
et blanche de peau
commet un délit et doit être puni.
- §
(1) Fernand Iveton, militant du parti communiste algérien et proche du FLN avait fait exploser une bombe dans son usine, explosion qui n'avait pas fait de victimes. Il fut guillotiné le 11 février 1957, son recours en grâce ayant été rejeté par les autorités françaises dont Mitterrand était garde des sceaux.
19:30 Publié dans Colère | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : racisme anti-blanc

