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19/03/2020

Il aurait fallu…

 


 Sacrebleu ! Pas seulement sur les plateaux de télévision, sur les réseaux sociaux, mais aussi au téléphone, dans ma rue, et jusqu’ici, partout. Ils sont partout. Les médecins. Et encore je suis modeste. Je devrais dire les spécialistes. On savait les Jesaistout déjà nombreux dans le pays. Comme certains virus, ils ont le pouvoir de muter. Et les voilà devenus –par quel miracle allez savoir- virologues.

 Entouré comme je le suis, je me soucie de moins en moins de ma santé. Comment craindrais-je quelque chose ?

 Certes il y avait déjà cette tendance dans notre pays à se passer du cabinet médical. On appelait cela l’automédication. Des paroles de ma mère me reviennent : « Si c’était pour me dire ça, j’aurais bien pu me soigner moi-même ». Car pour elle comme pour beaucoup, la médecine devait être une science exacte, un peu comme les mathématiques -qu’elle enseignait d’ailleurs. Virus + diagnostic + médicament = guérison. Seulement voilà, on n’agit pas sur la maladie comme sur une équation du second degré (elle était en collège). La compétence indiscutable d’un professeur dans le domaine mathématique n’implique pas automatiquement l’irréfutabilité du diagnostic établi par le médecin, surtout face à une maladie inconnue.

 C’est ce qui se passe en ce moment. La médecine est impuissante, par manque de connaissances et de moyens. Par conséquent, le gouvernement aussi, qui doit agir sans hésitation, mais aussi sans paniquer les êtres faibles que nous sommes.

 Et pendant que les responsables scientifiques, soignants, politiques et gouvernants affrontent la plus grave crise que le monde ait connu depuis la guerre, il y a ce pékin à deux pas de chez tout le monde qui dit : « Il aurait fallu… », « Il n’y avait qu’à… », « Moi ce que j’aurais fait… », ou encore « On s’y est pris trop tard… ». Quand quelques semaines plus tôt il disait que le gouvernement exagérait l’importance de l’épidémie pour faire oublier des mesures politiques désastreuses.

 Virologues, médecins et maintenant gouvernants. Il y a dans notre pays des millions de présidents de la république potentiels. On peut se dire en aparté « heureusement qu’ils ne sont que potentiels ». Mais ne le crions pas trop fort, car la propagation du virus crée des tensions. Regardez les gens se battre devant les magasins pour un rouleau de papier toilette. Quand la bêtise est à nos portes, la violence l’accompagne.

 Dans ces conditions, la solution, c’est de confiner tout ce beau monde. Cloîtrés chez eux, on entendra moins les imbéciles, et comme en plus c’est la seule façon d’en finir avec l’épidémie, on fait d’une pierre deux coups.


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19:26 Publié dans Colère | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : virus, bêtise, jesaistout

04/03/2020

Tous pourris ?

 


 La vie, si elle n’est pas toujours drôle, est heureusement parsemée d’une multitude de petits plaisirs. Il y a les chocolats de Noël retrouvés en rangeant les placards, les anciennes photographies redécouvertes dans les boîtes à chaussures, la perspective de vacances prochaines, les fou rires en repassant une cassette d’Alex Métayer, apprendre que les enfants malgré les encombrements sont arrivés à bon port, la venue du printemps avec les jours qui s’allongent, le vent qui se calme après la tempête, bref même si parfois les mauvaises nouvelles nous découragent, c’est bien rare qu’il n’y ait pas un lendemain qui chante.

 Là où on prend le plus grand plaisir, c’est en compagnie des autres. Réunions entre amis, voisins, famille, enfants. Pas de grands discours, seulement de petites choses. Le son des glaçons tombés dans les verres, les yeux qui brillent, les voix qui s’élèvent, les éclats de rire, les points de vue qui s’accordent, les avis qui divergent, les opinions de plus en plus tranchées après le deuxième, parfois le troisième verre. Et puis ce plaisir ultime, celui qui sort de votre bouche, de dire simplement, comme conclusion définitive, bien que vous n’en pensiez peut-être pas un mot, mais parce que ça fait du bien, et surtout parce que –tel un pacte de non-agression- cela met tout le monde d’accord, vous dîtes : Ils sont tous pourris !.

 Non mais vous imaginez, au milieu d’un groupe, un gugusse qui oserait :

On a quand même de la chance d’avoir un bon président, un gouvernement responsable, une France qui va mieux, des femmes et des hommes politiques au-dessus de tout soupçon...

 Pouvez-vous imaginer cela ? Bien sûr que non. Plus il y a de monde, plus il faut élever la voix, et lancer les phrases qui tuent. Et c’est là que je voulais en venir. Quel plaisir cela peut être de dire en posant son verre bruyamment sur la table : Ils sont tous pourris ! A moins d’être au milieu d’une assemblée de Témoins de Jéhovah, d’un groupe de paroles engagé dans la lutte anti-alcoolique ou en plein Conseil des ministres, personne ne vous contredira.

 La dernière fois que j’ai entendu cette boutade, un accord total s’est fait autour de la table. Ah pour ça oui, ils sont bien tous pourris. En réalité, personne ne partageait vraiment l’avant dernier mot. Pourris d’accord, mais pas tous. Dans l’esprit de beaucoup, le pourrissement se développe seulement en haut, dans la sphère des gens qui sont susceptibles d’exercer le pouvoir, ou qui l’exercent réellement. Le président, les ministres, les préfets, les patrons, les dirigeants des partis et des syndicats, tous sont pourris. Le pourrissement n’englobe pas ceux qui défoncent le portail d’un ministère à l’aide d’un engin de chantier, ceux qui profanent les monuments commémoratifs, les édifices religieux, ceux qui piétinent en chantant l’effigie d’un président, ou qui défilent derrière la tête en carton d’un président brandie au bout d’une pique, qui mettent le feu à un établissement supposé fréquenté par les riches, ceux qui ont la haine parce qu’ils ont subi un échec aux élections, bref, le pourrissement est sélectif. Et quand un ingénu répond à mi-voix qu’il n’aimerait pas être à la place du président, le ton baisse d’un bémol. Mais il y a toujours quelqu’un pour dire que le haut personnage de l’état en est arrivé là pour s’en mettre plein les poches. Ce qu’il feint d’ignorer, c’est qu’il aurait été beaucoup plus riche en continuant d’exercer son métier plutôt qu'en s'engageant en politique.


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01/03/2020

Obstruction

 


étymologie : voir structure ;

Structure : latin structura, se rattache au verbe struere, bâtir, apparenté de loin à sternere, (d’où est issu estrade).

Composés :

construire, bâtir dans son ensemble, d’où construction, constructeur et reconstruire, reconstruction ;

détruire, d’où destruction, destructeur, indestructible ;

instruire, proprement bâtir sur, élever au figuré, d’où instructeur, instruction, instructif ;

dans un autre ordre d’idée instrument, instrumentum, appareil aménagé pour tel ou tel usage (d’où en musique instrumenter un morceau), instrumentation, musique instrumentale ;

aussi : pièce de procédure, acte, d’où instrumenter au sens de dresser un acte ;

obstruer, proprement bâtir devant, d’où obstruction ; le composé latin obstruere a été emprunté par le français plus tardivement que les autres, ce qui explique la désinence –er au lieu de –ire. (obstruire).

A la même famille appartient industria, français industrie, proprement construction interne, combinaison, habileté (d’où industrieux) puis métier, particulièrement métier mettant en œuvre les matières premières, d’où industriel.


Le Petit Robert (1973) précise :

Obstruction : tactique qui consiste, dans une assemblée, un parlement, à entraver, à paralyser les débats par des procédés divers. exemple : faire de l’obstruction pour empêcher le vote d’une loi.

Obstructionnisme (1906, de obstruction) : tactique parlementaire qui consiste à faire de l’obstruction systématique.

 

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