01/12/2009
En Suisse, la démocratie a parlé
« Le minaret est un élément architectural des mosquées. Il s'agit généralement d'une tour élevée dépassant tous les autres bâtiments. Son but est de fournir un point élevé au muezzin pour les 5 appels à la prière par jour.
Trois mots arabes dérivent de la même racine arabe signifiant annoncer :
- appel à la prière (arabe : أذان ['aδān])
- muezzin (arabe : مُؤَذِّن [mu'aδδin]) passé par le turc müezzin.
- minaret (arabe : مِئْذَنة[mi'δana]) »
fin de citation (Wikipedia)
Elément architectural de la mosquée, le minaret est avant tout le lieu d'appel à la prière. On nous dit et redit que la présence de minarets dans le paysage serait une affaire strictement religieuse et n'aurait aucune incidence politique.
Un retour au petit monde de Don Camillo, la présence du clocher au milieu du village n'était pas et n'est toujours pas une affaire strictement religieuse. Certes, l'Eglise a su exploiter la panoplie complète des arguments violents, persécutions, tourments, bûchers pour rassembler ses ouailles et écarter les esprits frondeurs, elle a aussi su s'imposer au centre de la vie publique. L'église au milieu du village, la croix à l'entrée des cimetières et dans les lieux publics, salles de classe, funérariums... Il faut parfois parlementer longtemps pour faire retirer cette croix accrochée, bien visible, au mur de la pièce de recueillement, expérience vécue par une amie. Qu'on ne nous dise pas que l'attitude de l'Eglise n'est pas politique. Ou alors, je n'ai rien compris aux événements de 1789 où il m'a semblé que le clergé et la noblesse...
Bref, à entendre nos élus politiques, les minarets seraient des constructions strictement religieuses, puisqu'ils ont pour fonction d'appeler à la prière. Après tout, les cloches ont ici la même fonction, avec quelques différences toutefois. Elles n'appellent pas cinq fois par jour à la prière, pour en savoir plus il faut se rendre au culte, la prière ne se fait pas dans la rue, mais à l'abri du regard des autres. Ce qui limite sensiblement l'atteinte à la liberté de circuler, de croire et de penser. Des différences qu'on retrouve dans le domaine vestimentaire. Reconnaître un chrétien dans la rue ? A moins qu'il ou qu'elle porte une croix de grande dimension autour du cou... Les musulmans, nul besoin de questionner, de parler, leur appartenance religieuse est plus manifeste. Dans de grandes métropoles européennes, les prières qui se font en pleine rue rendent la présence des non-croyants gênante sinon inopportune. Oui, l'islam est en expansion. Et alors ? me dira-t-on.
Et alors, si toutes les religions sont de l'opium pour les peuples et sont fondamentalement réactionnaires, parce qu'elles justifient un ordre social et politique conforme à des dogmes millénaires, l'islam n'échappe pas à la règle, mais il en rajoute : il implique la guerre aux non-croyants, aux juifs et aux chrétiens (qualifiés de « croisés »). En outre, il n'accepte pas d'autres lois que la sienne propre. Si pour des raisons tactiques, les porte-parole de cette religion proclament qu'ils s'accommodent de la république et de la démocratie, la pression exercée par les islamistes est ressentie de plus en plus fortement par les populations des pays non musulmans, en particulier quand la laïcité est mise en cause.
Il faut replacer la question des minarets dans ce contexte. Et surtout, lire le texte qui avait été soumis à signature avant le référendum en Suisse. Le voici :
Initiative populaire "contre la construction de minarets"
La récolte des signatures pour l'initiative populaire «contre la construction de minarets» a été lancée le 1er mai 2007. Cette initiative contient une exigence précise: «La construction de minarets est interdite». Cette disposition est ajoutée à l'article 72 existant de la Constitution fédérale. L'art. 72 cst. charge la Confédération et les cantons de la responsabilité de préserver la paix religieuse en Suisse.
Le minaret en tant que bâtiment n'a pas de caractère religieux. Il n'est même pas mentionné dans le coran et dans les autres écritures saintes de l'islam.(1) En fait, le minaret est le symbole d'une revendication de pouvoir politico-religieuse qui, au nom d'une dite liberté religieuse, conteste des droits fondamentaux, par exemple l'égalité de tous, aussi des deux sexes, devant la loi. Il symbolise donc une conception contraire à la Constitution et au régime légal suisse.
Celui qui, comme c'est le cas dans l'islam, place la religion au-dessus de l'Etat, donc qui donne aux instructions religieuses une importance plus grande qu'au régime légal institué par l'Etat de droit, se place forcément en contradiction avec la Constitution fédérale. Cette contradiction est impossible à éviter. Le minaret est précisément le symbole extérieur de cette revendication de pouvoir politico-religieuse qui remet en question certains droits fondamentaux garantis par la Constitution (2). L'interdiction des minarets demandée par cette initiative vise à garantir durablement en Suisse la validité illimitée du régime légal et social défini par la Constitution. Les tentatives de milieux islamistes d'imposer en Suisse aussi un système légal fondé sur la sharia sont ainsi stoppées.
Cette initiative ne restreint en revanche pas la liberté de croyance qui est garantie dans la Constitution comme un droit fondamental.
J'ai lu attentivement ce texte, je n'y vois ni racisme ni même xénophobie. Que les extrêmes droites en fassent leur cheval de bataille ne me gêne pas le moins du monde. Je ne suis qu'un démocrate, un libre penseur, et je ne voudrais pas que mes petites filles, cinq fois par jour, entendent les élucubrations d'un rescapé des âges barbares. En même temps, j'espère qu'elles auront les meilleurs rapports avec des personnes venant de tous les horizons. Pour aimer les autres, la religion n'est pas nécessaire. Elle est même nuisible quand elle s'impose par la force.
§
(1) Le minaret n'a pas été préconisé par Mahomet et date du premier siècle de l'Hégire.(Wikipédia)
(2) Une autre question se pose : construction de minarets avec quel argent ? Le député socialiste d'Evry se demande si l'argent public après tout ne serait pas le bienvenu, ceci pour éviter des financements occultes (genre pays islamistes...) Alors là sans vouloir le jeu de mot, je crois qu'on touche le fond. On voudrait « aménager » la loi de 1905, c'est-à-dire faire payer tout le monde pour éviter la propagation du fondamentalisme. Construire des mosquées pour favoriser l'instauration d'un islam gentil, un islam de France...
18:53 Publié dans libre pensée | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : minaret, islam, liberté, démocratie
19/11/2009
Madagascar: appel à la solidarité
Je ne suis pas resté insensible à cet appel, d’ailleurs comment pourrait-on l’être ?
CRISE HUMANITAIRE A MADAGASCAR Appel à la solidarité et à l’intervention internationale |
Combien de morts faudra-t-il pour que la communauté internationale s’émeuve enfin et que l’on vienne effectivement en aide à la population malgache ?
Madagascar est un pays en guerre. Il ne s’agit pas ici d’une guerre d’invasion. Il s’agit d’une véritable guerre menée par un groupe d’individus qui, à travers un coup d’état, ont effectivement pris de manière anticonstitutionnelle le pouvoir en s’alliant à une frange soudoyée de l’armée, contre les citoyens malgaches épris de démocratie.
En ayant pris le pouvoir sans réel projet politique, préoccupés avant tout d’écarter les gens de l’appareil d’état qui auraient pu s’opposer à eux, ils se sont avérés incapables de fédérer les différentes forces politiques du pays, ou de les impliquer pour parvenir à une solution de consensus. Qui plus est, refusant ce consensus qui aurait pu ramener la paix, ils démontrent aujourd’hui une incompétence politique, technique et économique qui a mené en quelques semaines le pays à une véritable cataclysme économique (faillites en cascade, arrêt des flux douaniers, disparition intégrale du tourisme …).
La population qui aspire au respect de la légalité et des valeurs démocratiques a manifesté contre ce coup d'Etat et a réclamé le retour à l'ordre constitutionnel. Mais les manifestations pacifiques de cette population, qui n’a jamais exprimé un quelconque appel à la violence, ont été et sont encore violemment étouffées.
Les tentatives d’intimidation voulant juguler l’expression des citoyens, ont rapidement évolué en répression : arrestations arbitraires, enlèvement et disparitions de personnalités politiques et de journalistes, censure des médias (condamnée par Reporters Sans Frontières), assassinat et dispersion de manifestants par des tirs à balles réelles, intimidations vis-à-vis du corps médical hospitalier pour dissimuler les effectifs de victimes… etc …
L’insécurité qui s’est installée, caractérisée par des exactions de plus en plus violentes et de plus en plus systématiques (pillages, intrusion dans les maisons, enlèvements, racket, …) menées par un corps d’armée renégat et des milices privées affidées au pouvoir, a installé un véritable climat de terreur.
Si la résolution de cette crise doit appartenir avant tout aux malgaches eux-mêmes, la violence de ces évènements nous laissent aujourd’hui désemparés, d’autant que le danger est grand de voir, dans le désastre économique et politique que vivent aujourd’hui les malgaches, se déclencher en plus une véritable guerre civile alimentée par les enjeux de pouvoir des différentes factions alliées hier pour renverser le gouvernement en place et qui ne tarderont pas demain à se déchirer. La Communauté Internationale est témoin de cette situation, mais reste relativement muette, peut être à défaut d’information ou de volonté politique. Après l’avoir vue formellement condamner le coup d'Etat, notre inquiétude est grande qu’une reconnaissance de fait par la communauté internationale se fasse au fil du temps de cette autorité mise en place par un putsch, au détriment des intérêts vitaux et des aspirations démocratiques des citoyens malgaches et de la sécurité de leur avenir.
Nous en appelons aujourd’hui à toutes les instances, organisations, groupements politiques, groupements d’individus citoyens, pour qu’ils nous reconnaissent et nous soutiennent, à travers toute forme d’action, dans notre lutte pour un retour à la paix civile et un retour au respect des plus élémentaires principes démocratiques.
Un réseau de citoyens malgaches |
Coup d’état, frange soudoyée de l’armée, incompétence technique, politique et économique, manifestations pacifiques violemment étouffées, arrestations arbitraires, enlèvements et disparitions de personnalités politiques et de journalistes, censure des médias, assassinat et dispersion de manifestants par des tirs à balles réelles, intimidations… voici un vocabulaire malheureusement bien connu, qui traduit tout le mal dont sont capables les régimes totalitaires.
Cela se passe en 2009 à Madagascar, vingt ans après la chute d’un mur célèbre derrière lequel sévissaient des imposteurs assoiffés de pouvoir. Voyez-vous, le ventre de la bête est bien encore fécond. Ah bien sûr, cela ne se passe pas en Europe. Madagascar est loin, très loin, presque aussi loin que cette Afrique du sud qui accueillera la Coupe du monde de foot. Mais voilà, le sport a un retentissement mondial, même s’il est l’occasion d’assister à des matches dénués de toute sportivité, scènes de violence gratuite, voir les affrontements entre supporters égyptiens et algériens récemment.
Mais à Madagascar, la violence ne l’est pas, gratuite. Elle s’abat sur un peuple. Alors parlons-en. Pour plus d’information, rendez-vous sur :
http://citoyennemalgache.hautetfort.com/alerte/
16:05 Publié dans Colère | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : madagascar, démocratie, constitution, appel à la solidarité internationale
22/10/2009
Il avait vu juste. Mais chut! Il y a des choses à ne pas dire.
« On aboutit donc à cette situation renversée, que nous vivons tous les jours dans cette société que nous appelons par convention l'Occident, situation où ceux qui veulent détruire la démocratie paraissent lutter pour des revendications légitimes, tandis que ceux qui veulent la défendre sont présentés comme les artisans d'une répression réactionnaire. »
J-F Revel
20:14 Publié dans libre pensée | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : occident, démocratie, société