14/09/2026
Il se rendait à son travail…
…il est assassiné sur un pont, pour rien… un téléphone portable, un sac. Pourquoi personne n’en parle ?
Elle est agressée sur un quai de gare. Pendant quelques heures son pronostic vital est engagé. Pourquoi ? Parce qu’elle est une femme ? Pourquoi ce silence ?
Le point commun entre ces deux événements : les auteurs des faits sont des individus qui n’auraient pas dû être sur notre sol, des étrangers tenus de quitter le territoire français. Voilà la seule explication possible de ce silence médiatique. Dans notre société les vraies victimes sont -finalement- les agresseurs… à une condition cependant : qu’ils viennent d’ailleurs !
Si les médias se taisent, qu’en est-il de la justice ? On est souvent choqués d’apprendre que les actes les plus délictueux sont faiblement condamnés, et que s’ils le sont, les peines prononcées ne sont pas appliquées. Certes il manque des places de prison, certes les moyens de l’état sont limités, certes les juges et l’administration judiciaire sont débordés. Il y a plus grave encore, on ne juge plus les hommes pour ce qu’ils font, mais pour ce qu’ils sont.
La responsabilité de chacun s’efface et laisse place à une montagne de circonstances atténuantes. On excuse le crime, on oublie la victime.
« Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » disait Jésus. (1)
Une opinion compatible avec ce qu’écrivait Marx : « Ce n’est pas la conscience qui détermine notre être, mais l’être social qui détermine la conscience ». (2)
Il ajoutait que les hommes faisaient leur propre histoire, mais dans des conditions non déterminées par eux-mêmes, ce qui revient à nier toute idée de liberté. Les hommes n’étant que les membres d’un « troupeau », d’une « classe sociale », ou selon certains aujourd’hui, d’une « ethnie », d’une catégorie… d’un « peuple colonisé » ou pire : d’un peuple qui a été colonisé… Leurs actions seraient déterminées exclusivement par cette appartenance.
La personne s’efface et disparaît derrière le groupe. Ce n’est pas l’individu qui pense, pas lui qui délibère. On est individu par intérim, réduit à un espace où circulent non plus des idées, mais les revendications et les colères d’une troupe, porte-parole parfois de millions de gens présentés comme des victimes. Un enfant non encore né sera considéré plus tard comme le descendant d’un peuple colonisé donc victime, ou par malchance, d’un peuple colonisateur, donc coupable.
Les individus qui viennent ici parce qu’ils fuient la guerre, la dictature et la misère sont, autant que nous, des êtres disposant des facultés humaines. Ils doivent donc être jugés responsables de leurs actes.
La négation de toute responsabilité est une insulte à la personne humaine.
- Luc 23 : 34
- Préface de la Contribution à la critique de l’économie politique
(selon quelques idées déjà évoquées dans « Le voyage de Jana »)
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19:55 Publié dans libre pensée | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : crime, responsabilité, justice
20/02/2026
Un tournant? Vraiment?
Je lis dans le journal Informations ouvrières du 17 février 2026 :
« Mais aussi longtemps qu’il peut librement s’organiser et librement exprimer son objectif – aider la classe ouvrière à réorganiser la société en prenant le pouvoir pour socialiser les moyens de production –, le parti ouvrier n’a nul besoin de recourir à la violence.
En démocratie, rien ne peut justifier que la confrontation des positions politiques, aussi opposées soient-elles, débouche sur la mort d’un homme, quel que soit son engagement. Telle est la position du Parti des travailleurs. »
Ainsi, nous sommes en démocratie ! Venant d’un parti révolutionnaire, quelle surprise ! C’est peut-être le signe que la mort de Quentin Deranque marque un tournant, non seulement dans la situation politique, mais aussi dans les cerveaux, même les plus étroits.
Jamais encore je n’avais entendu des marxistes qualifier de démocratie le régime politique d’un état capitaliste. Que se passe-t-il ? Sont-ils fatigués de hurler des slogans dont l’application depuis un siècle a fait des millions de victimes en Russie, en Europe de l’est, dans les Pays baltes, en Chine, au Cambodge, en Corée, à Cuba… ?
Etonnante aussi l’expression : « aider la classe ouvrière à réorganiser la société… » ! Une modération inattendue de la part de militants qui, il n’y a pas si longtemps voyaient dans la dictature du prolétariat le passage obligé vers la société future.
Ne soyons pas naïfs. Si un jour des nervis de l’autre bord commettent un crime (ils en sont bien capables tellement la frontière de la bêtise politique est poreuse), vous verrez ces démocrates de la dernière heure hurler au retour de l’extrême droite, et justifier à nouveau la violence si elle combat le camp du mal.
Ne soyons pas injustes. Il est écrit aussi que rien ne peut justifier la mort d’un homme. Cela fait tellement plaisir de lire cela, que j’en viendrais presque à oublier le reste !
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11:49 Publié dans Autour d'un mot | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : violence, crime, extrême gauche
24/03/2016
C'est la faute à qui ?
Ce vieux slogan de mai 68 « Il est interdit d’interdire » a fait des ravages dans les familles et dans la société tout entière. Animé de bons sentiments, on est toujours tenté par ces belles idées que sont la liberté, la tolérance et on a raison. Malheureusement bien souvent dans la réalité ces belles idées deviennent licence et permissivité. Les parents savent bien que les enfants ont besoin d’une autorité. Sans le dire les enfants la réclament. Le pire serait de leur laisser croire que la vie suivra son cours sans obstacles.
Je crois que ces considérations valent pour les adultes. Si nous étions des anges, les lois seraient inutiles, car nous ferions passer le bien commun avant nos intérêts. Seulement voilà, nous ne sommes pas des anges. Et pour éviter que nous soyons des bêtes, des lois se sont imposées, définissant les contours d’une démocratie, un idéal pour l’humanité, un idéal. Car cette belle idée implique un combat de tous les jours, des sanctions aussi, non seulement contre ceux qui ne respectent pas la loi, mais aussi pour se garantir des appétits individuels, des tendances de chacun d’entre nous à s’accorder la meilleure part du gâteau, tendances bien compréhensibles, mais qui –étendues à la société toute entière- représentent pour elle un danger. L’idéal démocratique est à cent lieues de la permissivité et du laisser-faire qui conduisent au désordre, au chaos. Ce sont là des situations propices aux dictatures. Et là, les sanctions frappent les innocents.
Un des fléaux qui menacent nos sociétés est cette tendance à déresponsabiliser l’individu. Les responsables ne sont plus les hommes en chair et en os, mais l’histoire, la psychologie, la misère, les quartiers défavorisés, l’illettrisme, l’immigration, la pluie, le verglas, l’alcool, le tabac, les pulsions, le père, le ça, le sexe, l’argent, le capitalisme, la première femme, l’esprit du mal, le diable…Chercher par tous les bouts une justification au délit a deux conséquences. D’abord on encourage le crime, car les délinquants savent que leurs avocats auront du grain à moudre. Ensuite, on pénalise les victimes, en prenant cet air désolé qui veut dire : on n’y peut rien, c’est la société qui est responsable. On s’en prend alors à ses représentants, à commencer par les forces de l’ordre. Un « jeune homme de 25 ans » est interpellé, et meurt en garde à vue. Les premiers soupçons se portent sur la police. L’armée des associations, médias, commentateurs, angelots et bourgeois parisiens montent au créneau. Le tohu-bohu dure plusieurs jours, avec défilés dans les quartiers devant les caméras de télé : bavure de la police.
On apprend quelques jours plus tard que la personne décédée était un délinquant, qu’il souffrait d’une maladie cardiaque et n’était pas soigné. De ce jour, sur les ondes plus un mot.
S’il est interdit d’interdire, tous les délits sont permis. Tous les petits délits. D’ailleurs ce ne sont plus des délits mais des incivilités. Euphémisme parmi d’autres, feuille de vigne pour cacher la misère. La vraie. Celle des gens qui essuient des crachats, qui ne montent au logement qu’en baissant les yeux et en s’excusant, ceux qui se lèvent tôt quand ils ont du travail, ceux qui n’ont plus de bus faute de chauffeurs audacieux, bref les gens qui ne sont pas comme moi. Moi qui habite un pavillon tranquille à cent lieues du front, et les nouvelles qui nous en parviennent sont annoncées par des gens qui habitent un pavillon tranquille à cent lieues du front. Ces nouvelles ? Un professeur a été un peu poignardé par un élève, mais il est hors de danger, une marche silencieuse contre la violence est organisée le lendemain dans ce quartier habituellement pourtant néanmoins toujours très calme.
Quand aux grands délits, ceux qui causent la mort et la souffrance de centaines d'innocents, dans un premier temps on accuse des barbares pour finalement, l'émotion passée, en revenir aux fondamentaux. Misère sociale, quartiers défavorisés creusets de la violence, société occidentale inégalitaire, jeunesse déboussolée, chômage. Certes, on surveille un ou deux prêcheurs de violence, on perquisitionne ici ou là pour la forme, sans jamais affronter la réalité : un fascisme sournois de jour en jour plus confiant en lui-même, encouragé par notre propre aveuglement, notre couardise, notre besoin de toujours rechercher la responsabilité où elle n'est pas, dans la posture éternelle du pénitent.
Ce qui est à craindre, c’est qu’un jour l’ordre soit rétabli par des hors-la-loi, des gens à qui l’on n’a rien interdit, et qui en toute liberté supprimeront celle des autres. On l’a vu dans le passé.
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10:12 Publié dans libre pensée | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : délit, crime, responsabilité, permissivité

