21/03/2019
Hommage à Xavier Jugelé
Mépris pour les symboles et les valeurs de la république, haine de la police et des institutions, goût prononcé pour la violence, aptitude particulière à se cacher et se fondre dans la foule, ajoutez à cela une bonne dose d’antisémitisme, voilà les révolutionnaires des temps nouveaux.
Leur dernière lâcheté: la profanation d'une plaque à la mémoire de Xavier Jugelé, gardien de la paix, assassiné par un islamiste le 20 avril 2017. Sur la plaque est projeté en noir le sigle anarchiste, un macaron de "Action antifasciste" est collé, orné de deux drapeaux, un rouge et un noir. Sur le bas de la plaque est apposée une étiquette sur laquelle figurent les mots "Etat d'urgence citoyenne".
Singulière époque où derrière la confusion de leurs verbiages récités, les ennemis du genre humain se retrouvent dans un même hommage à l'obscurantisme.
A ces fous de dieu et ces fous de tout, il faudra qu’un artiste érige une statue. Fière, puissante, la République se dresse. Elle est magnifique. Elle prend quelque repos, s'appuie sur la tête d'un homme qui chancelle. Les deux trous de sa cagoule ne sont plus en face des yeux. Une boule de pétanque tombe de sa main. Sur le marbre de son dos, un espace laissé libre par le sculpteur permettra au passant amusé de faire des petits dessins, croix gammées, faucilles, marteaux et sur le socle on lira, gravé dans la pierre : « Ære perennius exegi monumentum ».
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« J'ai érigé un monument plus durable que l'airain. »
09:52 Publié dans Colère | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : xavier jugelé, policier
23/02/2019
Le poids du passé
Nul besoin d’être parent, encore moins enseignant pour mesurer les difficultés de l’apprentissage. Expliquer, développer, répéter, surprendre, intéresser, tous les moyens sont bons pour amener l’enfant à la connaissance, pour faire de lui une personne accomplie. Il n’y a pas une méthode, mais des milliers de façons de faire. Il n’y a qu’à voir la succession des réformes de l’éducation, toutes plus prometteuses les unes que les autres, et puis condamnées, quand elles ne sont pas prohibées suite à un changement de ministre.
Une chose certaine : à part quelques parents irresponsables ici ou là, tout le monde s’intéresse aux enfants. Avec parfois des idées inavouables derrière la tête d’obscurantistes de passage, les croyances et les dogmes sont toujours vivaces et ceux qui les colportent savent que c’est depuis le plus jeune âge que le bourrage de crâne est le plus efficace. Mais ce dernier n’est pas nécessairement le fait d’institutions malveillantes.
Je remarque chez certaines personnes qui ont suivi des études, qu’on pourrait dire éclairées une tendance –parfois inconsciente- à revenir en arrière, là où leurs parents les avaient laissées. Comme s’il restait un lien, un cordon insécable avec les idées, les « façons de voir les choses » du foyer familial dans lequel elles ont appris à vivre et à penser. Certes, pour certains le retour en arrière est salutaire, quand l’éducation, les bons principes, avaient été transmis. Il y a heureusement parfois un moment pour reconnaître ses erreurs et se souvenir des bons conseils d’un père ou d’une mère.
Mais il arrive qu’en dépit de la volonté d’assurer la bonne éducation à leurs enfants, des parents sans le savoir, sans le vouloir, dirigent ceux-ci dans une mauvaise direction. Ce n’est pas une question d’opinion : il y a des gens aux idées très arrêtées, et qui s’abstiennent d’infliger celles-ci aux petits dont ils ont la charge. D’autres n’ont pas ces scrupules et appliquent aux enfants ce qu’on leur a inculqué à eux-mêmes, comme si l’éducation pouvait se transmettre de génération en génération tels le bâton de relais passé entre les mains des coureurs. L’accumulation de pratiques, d’habitudes et de connaissances ne tient pas lieu d’éducation. Si un enfant n’est pas placé dans une situation où il peut questionner les adultes, et peu à peu s’interroger lui-même, comment pourra-t-il un jour : penser ?
Je suis infiniment reconnaissant à mes parents d’avoir en toute occasion émis des réserves sur les idées toutes faites, les opinions tranchées, aussi il faut le dire sur les dogmes politiques et religieux. Chez eux on ignorait les systèmes en …isme qui finissent en prières, en mensonges, en défilés pour finir en violence. Il y eut des éclats, quand c’est moi-même qui, adolescent, voulait tout renverser. Maintenant je sais qu’ils avaient raison. Ils m’ont laissé libre. Et si je regarde en arrière, je dois à ma mère et à mon père de m’avoir éduqué pour le mieux, en préservant dans tous les cas pour moi la possibilité du libre-arbitre.
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11:59 Publié dans Autour d'un mot | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : enfance, éducation, influence
17/02/2019
Paris, 16 février 2019
Je me rappelle une phrase entendue il y a quelques années :
« Je veux que chaque juif vive dans la peur, sauf s’il est pro-palestinien...".
L’agression dont a été victime Alain Finkielkraut (1), insultes hurlées et gestes menaçants confirment non seulement la persistance, mais aussi la profondeur du mal. L’allusion à la Palestine, à Israël nous rappelle que le conflit du Proche-orient n’est qu’un prétexte et que le fond de l’idée est que la place des juifs est à Tel-Aviv, qu’ils doivent donc quitter le pays. C’était dit, hier.
L’allusion à la Palestine montre d’où viennent ces hurleurs de rue : des rangs extrêmes. De droite, on se rappelle le fameux discours du dirigeant historique du Front national « L’éléphant et le moustique » (L’éléphant : Israël, le moustique : la Palestine). De l’extrême gauche aussi qui, contrairement à toutes les formations politiques, n’a pas eu un mot pour condamner le caractère antisémite de l’agression. A leur décharge, je dirais qu’il faut les comprendre ces révolutionnaires : la classe ouvrière les ignore, il ne leur reste que les banlieues pour faire élire quelques députés, banlieues où pourtant les voitures qui brûlent sont celles du peuple, où les professeurs sont parfois contraints d’adapter leur cours de sciences ou d’histoire à un public déjà formaté, sous l’influence de religieux et de réseaux sociaux qui ont réponse à tout, quartiers que les personnes de confession juive sont amenés à fuir. Mais tout cela il faut le taire, violence et misère sont la conséquence du méchant capitalisme, point à la ligne, et caresser une jeunesse en perdition –même si on ne lui propose rien d’autre que des porte-parole sur les plateaux de télévision- ça rapporte des voix.
Mais il y a autre chose. Ce n’est plus vraiment de la politique. Beaucoup plus grave. Des actes antisémites, il y en eut, il y en a, ici en France, mais cette fois et c’est la deuxième (2) : l’agression d’Alain Finkielkraut eut lieu PENDANT la manifestation des « gilets jaunes ». PENDANT. Il y avait donc du monde. Avez-vous vu les images ? Les personnes, les seules qui ont réagi en protégeant le philosophe, ce sont les policiers. Sinon rien. RIEN. Les « gilets jaunes » ? RIEN. D’autres, passants ? RIEN.
C’était comme si la France regardait. Jusqu’à quand la France regardera-t-elle ? Pour que le pire survienne, il suffit que les gens de bien se taisent.
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(1) Philosophe, auteur entre autres de « La défaite de la pensée » et de « L’identité malheureuse », œuvres récentes qui permettent de mieux comprendre ce qui dérange les esprits étroits.
(2) La première fois, quand Alain Finkielkraut fut expulsé d’un rassemblement intitulé « Nuit debout » place de la République.
13:44 Publié dans Colère | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : antisémitisme, alain finkielkraut

