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03/04/2014

Le Seagull 6x6 bi-objectif

 

 Après l'examen des Fed, Zorki, Zenit et Lubitel, quittons  –provisoirement- l’Union Soviétique pour nous rendre en Chine. Voici un appareil photographique de grande qualité qui produit des clichés de format 6 x 6 cm. Même conception que le traditionnel et très connu Rolleiflex 6x6 bi objectif. A l’époque toutefois, dans les années soixante, le modèle allemand valait trois ou quatre fois le prix du chinois.

 Contrairement au Lubitel présenté précédemment, très rudimentaire et construit en bakélite, le Seagull 6x6 est un appareil perfectionné, tout en métal dont la façade et les flancs sont recouverts de cuir.

Seagull 6x6.jpg

cliché M.Pourny  

Dimensions : largeur 105mm boutons d’armement et de mise au point inclus, profondeur 100mm, hauteur capuchon fermé 145mm.  

 L’objectif de prise de vues, un HAIOU-31, d’une focale de 75mm ouvre à 1 :3,5, le diaphragme ferme à 1 :22 ; mise au point de 1m à l’infini, réglage par bouton tournant sur le flanc gauche, exactement comme sur le Rolleiflex. L’ensemble de la platine qui porte les optiques se déplace sans accroc ni jeu, preuve d’une mécanique de qualité. Une échelle de profondeur de champ figure au centre de la molette de mise au point, sur mon appareil, le disque central reste fixe, le mécanisme est bloqué, sans doute par l’oxydation. 

 L’objectif de visée est un 75mm ouvrant à 2,8. Il renvoie une image (inversée gauche droite) bien nette de luminosité moyenne sur un dépoli quadrillé (très utile pour les vues d’architecture) de 5x5cm légèrement inférieur au format du cliché : 5,6x5,6cm. La visée est facilitée grâce à une loupe escamotable, et pour la prise de vue à hauteur d’œil, un volet s’ouvre dans le capuchon, ouverture qu’il faut faire coïncider avec le carré d’1cm de côté découpé dans le volet arrière (viseur iconomètre, un bien grand mot pour peu de chose). 

 Les deux optiques peuvent être équipées de filtres au diamètre vissant de 34mm. Elle sont protégées par un double capuchon en plastique noir.  

 L’obturateur (central) propose les vitesses de 1 seconde au 1/300°, et la pose B. Les vitesses lentes sont disponibles ½°, ¼°, 1/8°, 1/15° (le Lubitel en est dépourvu). Synchronisation au flash électronique pour toutes les vitesses. L’armement se fait en abaissant un levier au-dessus du bouton des vitesses. Attention, il n’est pas couplé à l’avancement du film…danger des doubles expositions non voulues ! 

 Les réglages de celles-ci et du diaphragme s’effectuent par leviers bien accessibles de chaque côté de l’objectif principal. C’est un appareil qui peut (pour une fois) faire le bonheur des gauchers autant que des droitiers, car les manipulations nécessaires sont bien réparties. A droite : armement, déclenchement, vitesses ; à gauche : diaphragme et surtout mise au point. L’appareil peut être porté indifféremment à gauche ou à droite. A mon avis plutôt à droite, car le pouce et l’index de cette main sont encore disponibles pour les 3 opérations citées plus haut. A noter la présence d’un retardateur et d’un filetage pour déclencheur souple. Sous le boîtier, un écrou standard pour trépied. 

 Le Seagull tout métal avec ses optiques en verre minéral est assez lourd, une bandoulière est nécessaire. 

 Le chargement du film 120 (très important, ce format est toujours disponible dans le commerce) se fait comme sur les 6x6 bi objectifs type Rollei, le dos pivote (fermeture à double sécurité) et laisse une bonne place pour l’introduction ou le retrait du film. A faire en lumière atténuée, car ces pellicules ne sont pas protégées dans une cartouche comme en 24x36 ! 

 Un dernier mot sur l’avancement du film, il se fait en tournant le gros bouton moleté à droite du boîtier, le compteur de vues est au centre de celui-ci. Un conseil déjà donné : n’avancer la pellicule jusqu’à la vue suivante qu’au moment de prendre la photo, sinon les têtes de linottes dans mon genre qui ne se souviennent jamais si la vue a été prise ou non risquent soit le cliché vierge, soit et c’est plus grave : la double exposition. 

 Je montrerai quelques photos prises avec cet appareil, merveilleux cadeau de Patricia et Jean-Luc! Passionnés de photo et de beaux objets, à bientôt !

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23/02/2014

Un domaine où l'art et l'argent... (suite)

 

 Voici les photographies promises. Elles ont été prises au début des années soixante avec l’appareil Mosquito en bakélite que les usines Simca où travaillait mon père m’avaient offert à l’occasion de Noël. La qualité sur l’écran n’est pas exceptionnelle, mais l’optique rudimentaire du Mosquito n’est pas seule en cause. La numérisation est faite à partir de tirages 18x24. N’étant pas un expert en informatique, je ne sais pas faire mieux. Qu’elle était belle l’Ariane ! On pouvait monter à trois devant, sans ceintures évidemment !!! Vous imaginez cela aujourd’hui ? Mais ça ne fait rien, on était heureux, elle nous a emmenés plusieurs fois en Auvergne, et même en Italie à 60 kilomètres heure de moyenne, sauf quand il fallait monter un col, car nous étions des aventuriers, les grands tunnels qui traversent les montagnes n’existaient pas. 

 

Ariane.jpg

                                                                                                            cliché M.Pourny

Aurillac.jpg

 

Aurillac, les bords de la Cère en 1960             cliché M.Pourny

 

Grand Pressigny.jpg

     cliché M.Pourny 

 Le château du Grand Pressigny en Touraine (vers 1960)

 

 

12/01/2014

Un domaine où l'art et l'argent font bon ménage

 

 

 Les appareils de prise de vues, de toutes tailles, aux formes les plus bizarres, assemblages mécaniques de précision, sont les témoins du génie inventif des hommes depuis deux cent ans et plus encore, si on remonte aux peintres de la Renaissance qui maniaient la camera obscure, aux philosophes de l’antiquité découvreurs du sténopé. Ces appareils qui prennent des clichés instantanés mais n’en délivrent aucune image sur le moment, qui gardent en mémoire dans leur chambre noire des paysages, des portraits, des événements, sont toujours un peu enrobés de mystère. Je le lis sur les visages des enfants qui me demandent de leur montrer le dos de mon appareil et sont surpris de n’y rien découvrir. Du noir, rien que du noir. Car la réalité est une chose, l’image en est une autre, elle vient plus tard, beaucoup plus tard. Ce qui est normal, puisqu’elle n’est qu’une représentation. La photographie avec les appareils appelés aujourd’hui « argentiques » est assez proche de la peinture. Elle demande un travail, un effort. Ceux qui passent des heures dans un laboratoire le savent bien. 

 Je voudrais faire partager ici ma passion pour ces appareils, dans la limite de mes connaissances, car je ne prétends pas faire œuvre d’historien, encore moins de technicien. Aussi est-ce l’occasion, en ce début de siècle où tout va très vite, où tout se fait très vite, où tout change, de jeter un regard –non sur le passé !- mais sur ce qui est beau et durable, car pour moi la photographie sur des supports couverts d’argent est un art noble, éternel.  

Mosquito 6x9.jpg

 

                                                                                                                                                                                                                              cliché M.Pourny

 Le Mosquito 6x9 fut mon premier appareil, je devais avoir dix ans, il me fut offert à Noël par le comité d’entreprise de l’usine où travaillait mon père. Il est en bakélite et produit des clichés de 6 x 9 cm (exactement 5,5 x 8,2cm). C’était la grande époque de la bakélite qui avait par rapport au métal l’avantage de la légèreté, tout en étant sensible aux chocs. Les Ultrafex proposés nombreux sur les tréteaux des brocantes datent du début des années soixante et sont les copies conformes du Mosquito (ou le contraire ?). 

Ultrafex.jpg

                                                                    

Ultrafex 2.jpg

                                                                                                                                            clichés M.Pourny

 

 L’objectif est un simple ménisque, et l’image n’étant pas renvoyée sur un plan, le dos de la chambre est incurvé. 

Avant la prise de vues, il faut faire coulisser la platine porte objectif vers l’avant jusqu’à la butée. Le tirage optique est alors correct, et le déclencheur peut être actionné. 

 Une seule vitesse, approximativement le 1/30° de seconde plus la pose B. Deux réglages pour la luminosité : soleil ou temps gris. Le point est réglé sur l’hyperfocale, entre 5 et 10 mètres. L’ouverture de la lentille étant de 1 :11 (c’est ce que j’évalue) tout est à peu près net de 3m à l’infini. Je dis bien à peu près, car à la qualité moyenne de l’optique s’ajoute le flou de bougé, le déclencheur étant un peu dur –à moins de s’appuyer sur un support solide ou un trépied.

 Attention aussi –pour les étourdis dans mon genre- aux doubles expositions : toujours faire avancer la pellicule avant chaque prise de vue !  

 Depuis bien longtemps la photographie est impossible avec cet appareil, car il n’accepte que les bobines 620 qui ne sont plus sur le marché. A moins de bricoler… et d’enrouler dans le noir une pellicule 120 sur la bobine à petit trou… cela en vaut-il la peine ? Allez, il a bien mérité un peu de repos après un demi-siècle d’existence, hop ! Dans la vitrine.  

 Je voudrais vous montrer des photos prises avec cet appareil, des négatifs qu’à l’époque (de 1958 à 1968) je confiais au photographe, ou plutôt à la Maison de la presse d’Andrésy, qui me rendait les tirages en format 9x13. Je vais essayer d’agrandir les meilleurs en 18x24. A bientôt !

 

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