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18/09/2025

L'ultime argument

 

 

 Quand la gauche n’a plus rien à dire, qu’elle a épuisé tous ses arguments, il lui en reste toujours un, l’ultime : vous êtes d’extrême droite !

 Cela me rappelle mes années d’étudiant. C’était en 1968. Depuis quelques mois, des démocrates tchèques avaient tenté de réformer le régime. A leur tête, un communiste sincère et courageux, Alexandre Dubcek. Ces quelques mois ont été qualifiés -à juste titre- de « Printemps de Prague ». Quand nous manifestions de la sympathie pour ce mouvement et que nous interrogions les militants de l’Union des étudiants communistes, ceux-ci nous accusaient d’être des agents de l’impérialisme américain, d’être des « hitléro-trotskistes ».

 Nous étions pourtant loin d’être des supporters du nazisme et de l’impérialisme, mais à nos questions, les communistes d’alors n’avaient pas de réponse. Ah si ! L’intervention des chars le 21 août, l’occupation militaire et l’arrestation d’Alexandre Dubcek.

 Cinquante-sept ans après, je pensais que la chute du mur de Berlin serait aussi celle de la division du monde entre le camp du bien et celui du mal. Je me trompais. Le stalinisme a tellement imprégné les esprits qu’il en reste toujours quelque chose.

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16/06/2025

Reconnaître sans délai l’état de Palestine ?

 

 

 

 L’ambassadrice de Palestine Hala Abou Hassira déclare qu’elle a l’honneur de hisser le drapeau palestinien sur le fronton de la mairie de Saint-Denis, aux côtés du maire, du député…ainsi que « des habitants qui n’ont cessé d’exprimer leur soutien au peuple palestinien ».

 

 Le maire et le député, sans doute. Mais les habitants ? Y a-t-il eu consultation ? Je veux bien admettre qu’il y a à Saint-Denis (comme ailleurs) des citoyens concernés et émus par les souffrances des gens qui, en Palestine, vivent dans la peur et subissent des bombardements, mais de quel droit peut-on agir en leur nom ? D’ailleurs certains habitants de Saint-Denis ont pu être émus (et révoltés) par le pogrom du 7 octobre 2023, sans que personne -à ma connaissance- n’ait proposé de hisser le drapeau israélien au fronton de la mairie.

 

 J’ai parcouru les huit lignes de la déclaration de cette dame, sans lire une seule fois le mot « Hamas ». Comme si cette organisation terroriste avait disparu des radars. J’ai pourtant eu bruit de certaines manifestations de populations à Gaza qui ne supportaient plus de vivre sous la dictature de cette organisation. C’est donc que le Hamas existe encore. Il ne faut pas confondre les palestiniens avec les bandes armées qui sèment la terreur.

 

 Elle ajoute qu’il faut reconnaître sans délai l’état de Palestine. « Sans délai » ! Quand des innocents, certains encore vivants, sont retenus sous la terre ? Pour que le supposé nouvel état de Palestine reste sous la houlette d’initiateurs de pogroms, d’une horde qui voile les femmes et méprise les droits humains, d’une idéologie pour laquelle l’état d’Israël n’existe pas ?

 

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07/05/2025

Nouvelles menaces sur les Pays baltes

 

 

Depuis quelques jours des troupes russes font des "exercices militaires" près des frontières des pays baltes. Il est bon de rappeler quelles furent les conséquences du pacte germano-soviétique dans les années 40-41, et de l'après-guerre pour ces pays sous domination soviétique. dans le livre "Là-bas, tout près", j'abordais en 2022 ce problème:

 

 

 

 

La voie balte en danger

Suite au Pacte germano-soviétique :

du 17 juin 1940 au mois de juin 1941, la Lettonie fut occupée par les forces militaires soviétiques.

Suite à la rupture du Pacte :

de juillet 1941 à juillet 1944, la Lettonie fut occupée par les forces militaires de l’Allemagne nazie.

Suite à la victoire de l’URSS sur l’Allemagne nazie :

de juillet 1944 au 21 août 1991, la Lettonie subit sa troisième occupation, cette fois encore par les forces armées soviétiques.

(extrait du recueil de nouvelles "Là-bas, tout près", la scène se passe en 1989)



- Olga, raconte-nous! Tu devais nous parler de papa et de grand-père Nikolajs…

- Votre papa, vous savez où il est. Un de ces jours, quand nous aurons de meilleures nouvelles, nous lui rendrons visite tous les trois. On passera la journée à Riga, il y a des cinémas, des restaurants… Vous êtes grands maintenant, mais savez-vous, revenir sur le passé, c’est difficile, c’est triste.

Reinis:

- Au lycée on en parle!

- Votre grand-père... Il faut revenir sur ces terribles journées de 1941. Les derniers jours de l’occupation soviétique ont été très durs. Les 13 et 14 juin, plusieurs milliers de gens, dont 2400 enfants de moins de dix ans furent arrêtés sans aucun jugement. Certains furent surpris en pleine nuit, et durent faire leur baluchon en vitesse, rassemblant vêtements et un peu de nourriture. A la gare, femmes et enfants étaient séparés des hommes, puis entassés dans des wagons à bestiaux, destination inconnue. Dans l’un des convois de juin 41, il y avait votre grand-père Nikolajs.

Qu’est-ce qu’il avait fait?

- Il était officier dans l’armée lettone avant l’arrivée de l’Armée rouge. Depuis le 10 juillet 40, l’armée passait progressivement sous le contrôle idéologique des soviétiques. Mais une certaine résistance patriotique se manifestait parmi les soldats. Le Corps dont faisait partie Nikolajs fut envoyé dans le nord, et ses officiers reçurent l’ordre de se rassembler pour un “entraînement spécial”. C’était un piège. Ils furent tous désarmés, arrêtés et déportés à Norilsk en URSS, au-delà du cercle polaire. Il ne revit jamais sa terre natale. Il ne connut pas son fils Jazeps né quelques mois après. 

- Tante Olga, tu pleures?

- C’est à Riga, un triste jour, que mon Oswals a été arrêté. On était en 1968. Je l’ai attendu des jours et des jours. En vain. Un camarade du Mouvement est venu un peu après pour me dire qu’il avait été dénoncé et que la Milice suivait ses traces depuis longtemps. Ils ont attendu, et finalement ils ont arrêté tout le réseau. La Résistance en a pris un coup, pas seulement dans la capitale. On ne sait pas ce qu’ils sont devenus. Moi je le sais. Connaissant les méthodes de la Milice, je le sais. Mais d’autres patriotes ont repris le flambeau, et le Mouvement pour l’indépendance de la Lettonie a même pris de l’ampleur car la population supportait de plus en plus mal l’Occupation.

(…)

- A propos, pourquoi sommes-nous ici aujourd’hui, endimanchés, prêts à rejoindre tous ces gens dans la rue?

Reinis:

- Parce que nous sommes le 23 août 1989, c’est le cinquantième anniversaire du Pacte germano-soviétique.

- Oui, cinquante ans! Nous allons tous ensemble tourner une page, j’espère pour toujours. En avant!

Ils sortent tous les trois, Reinis et Aija retrouvent des camarades de classe, Olga des amies du quartier. Mais il faut se presser, le maire donne les consignes par haut-parleur:

- Mes chers amis, il me reste cinq minutes pour vous dire quelques mots. Tous, ici, aujourd’hui, vous auriez pu les dire. Il y a cinquante ans deux dictateurs fous ont signé un pacte contre nos parents, nos grands-parents, contre les millions d’habitants de la Lettonie, de la Lituanie, de l’Estonie. Mais en fait ce pacte était signé contre l’humanité entière, car la guerre qu’ils ont provoquée a été menée avec cruauté contre les peuples, contre des millions d’innocents. Aujourd’hui nous sommes deux millions de personnes, de tous âges qui allons, de Tallinn à Vilnius en passant par Riga et par notre village, qui allons en nous donnant la main, former une chaîne humaine. Contre toutes les dictatures, de droite comme de gauche, de l’est et de l’ouest, symbole de la paix, nous proposons au monde la Voie balte. Ne craignez rien. La milice anti-émeute n’interviendra pas, bien qu’elle respire encore, il ne lui reste que quelques jours à vivre. Soyons vigilants! Merci d’être là. Merci.

Le maire est applaudi. Une sirène retentit. Elle annonce l’heure convenue, le moment précis où trois peuples doivent se donner la main. Aija, Reinis et tante Olga se rangent dans la chaîne. La petite serre la main d’Inese sa copine de classe. Reinis aurait voulu se rapprocher d’Ilona, une camarade du lycée, mais la place est déjà prise. Sa tante le tient fermement par la main. A quoi pensent-ils? A qui? Olga ferme les yeux et se rappelle le beau visage d’Oswals, résistant du Front populaire de Lettonie, combattant courageux pour la liberté. Aija et Reinis, les larmes plein les yeux pensent à leur maman Gerda. Reinis a une pensée aussi pour le soldat Nikolajs, son grand-père.



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