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08/10/2009

Certains savent de quoi ils parlent

Les femmes étaient tenues à part à tous les niveaux de la société. Dans certaines réceptions officielles on commença à séparer par sexe les invités, les personnalités féminines les plus importantes étant elles-mêmes isolées de leurs collègues masculins. A la télévision, les présentatrices furent priées de couvrir leur tête de dupattas, et celles qui refusèrent furent congédiées. Les athlètes des excellentes équipes de hockey  féminines pakistanaises durent se couvrir les jambes sur le terrain, ce qui les empêcha du même coup de participer aux compétitions internationales. Le zèle islamique du régime allait parfois jusqu’à l’absurde. « Cette photographie montre une femme jambes nues » reprochait un censeur du régime au rédacteur en chef d’un journal, désignant l’illustration d’un article sur la coupe du monde de tennis. « Ce n’est pas une femme, répliqua le journaliste, c’est Björn Borg ».

 

Benazir Bhutto, une autobiographie, p317

 

Ainsi que l’a très clairement expliqué son plus remarquable théoricien Adolf Hitler, on impose peu à peu le totalitarisme à une société, en y infiltrant des habitudes insensiblement acquises et acceptées.

 

Jean-François Revel.- La nouvelle censure, p.212

13:39 Publié dans libre pensée | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : femme, liberté

16/08/2009

Fadela Amara...

... dans une interview au quotidien Financial Times :

 « La vaste majorité des musulmans sont contre la burqa. La raison est évidente. Ceux qui ont participé à la lutte pour les droits de la femme chez eux, je pense en particulier à l'Algérie, savent ce que ça représente et quel projet d'obscurantisme politique ça dissimule, visant à étouffer les libertés les plus fondamentales »

"La burqa ne représente pas simplement un morceau de tissu mais la manipulation politique d'une religion qui réduit les femmes à l'esclavage et va à l'encontre du principe d'égalité entre les hommes et les femmes".

 Ouf ! Un peu d’air frais fait du bien. Surtout quand il provient des hauteurs de la République.

 Et pan ! sur le nez des zozos qui voudraient faire passer les laïques et libres penseurs pour des racistes !

 Faire respecter, ici, ce que nos parents et grands parents ont acquis par leurs luttes, c’est la meilleure façon d’aider les peuples qui, là-bas, n’en finissent plus de subir les caprices d’une minorité de barbares et voudraient bien un jour goûter le parfum de la liberté.

 

 Pour les français, les algériens et tous les autres, merci Fadela.

24/07/2009

L'Extrême-gauche au banc d'essai

 

Armée rouge.jpg

Un soldat de l'Armée rouge vendait son uniforme et ses médailles. C'était en Allemagne en 1989. Il désirait se marier avec une allemande, c'était le seul moyen pour lui de rester à l'Ouest. Ils étaient des milliers dans son cas, des favorisés par rapport à leurs camarades restés au pays. Car ils étaient membres de l'armée d'occupation en RDA, donc déjà sur place. Novembre 89. Le mur tombait. L'URSS existait encore.

 

 

§

L’idéologie de l’extrême gauche est-elle encore crédible ? Points à examiner :

 

-         la dictature du prolétariat (en suspens, n’apparaît plus dans les programmes, mais…)

-         la question du parti

-         le problème de la propriété privée 

-         l’extrême gauche est-elle en décalage par rapport à la société contemporaine ?

-         l’extrême gauche au pouvoir ?

 

1/ La dictature du prolétariat. Sur le papier, La théorie de la lutte des classes est riche d’espoir :  à la fin des fins, c’est-à-dire après la Révolution Mondiale, quand les Comités ouvriers, soldats et paysans auront été élus et auront établi depuis les steppes sibériennes jusqu’aux confins des forêts tropicales une société communiste, oui, enfin, on assistera à la disparition des classes sociales et chacun disposera des ressources nécessaires à ses besoins.

 Ca, c’est l’aspect positif, enthousiasmant, de la théorie marxiste. C’est presque trop beau pour être vrai. Les livres ont la réponse : ce sera très dur, la classe des capitalistes défendra becs et ongles sa domination sur le monde. Nécessité donc d’une révolution, qui sera probablement une guerre civile, suivie, après la victoire du prolétariat, de la dictature de celui-ci, afin d’éviter les rebuffades de la bourgeoisie. Rebuffades pouvant aller jusqu’à la formation d’armées blanches sous l’égide d’un impérialisme toujours prêt à tuer dans l’œuf un soulèvement prolétarien dans quelque pays que ce soit. Bref, une dictature, MAIS ATTENTION : de gauche, c’est-à-dire douce, tolérante, acceptant et même suscitant le dialogue. Expériences intéressantes déjà vécues: Russie, Chine, Albanie, Cuba, Corée, Cambodge, démocraties populaires, pays frères africains.

 

2/ La question du parti. La construction d’un parti ouvrier : comment éviter le populisme ? Les milieux visés par l’extrême gauche colportent bien souvent les idées les plus réactionnaires, xénophobie, homophobie, racisme, antisémitisme, misogynie, dogmes religieux, superstitions… C’est peut-être le talon d’Achille de nos révolutionnaires : le décalage entre l’aspect libérateur de leur programme (à voir de plus près quand même, l’aspect…) et les sentiments primaires de la clientèle (on ne dit pas « clientèle » , on dit « les masses », ce n’est pas plus poétique, mais c’est le langage du socialisme scientifique). Voilà. D’où le silence de nos révolutionnaires sur ces sujets, silence allant parfois jusqu’à l'assentiment. Il faut dire qu’ils sont parfois placés dans des situations cocasses : des ouvriers blancs sont licenciés, on embauche à peu de frais des immigrants maliens. Pour le patron, c’est une aubaine. Pour le révolutionnaire, que faire ? (comme disait Lénine). Le parti avait trouvé la solution. Il avait –au bulldozer- dégagé les bidonvilles occupés par les Maliens. Mais c’était l’époque révisionniste. D’ailleurs cherchez « bulldozer » dans les écrits de Marx Engels Lénine Staline Mao Tsé Toung Marchais, vous ne le trouverez pas. Remarquez, vous ne trouverez pas Goulag non plus. Ca y est, j’ai perdu le fil. Oui, les sentiments primaires des « masses » (c’est plus fort que moi, je mets les guillemets, reliquat d’une vieille éducation bourgeoise réactionnaire) : il m’est arrivé de surprendre les ricanements de certains de nos intellectuels révolutionnaires quand les noms de personnalités connues pour leur homosexualité étaient évoqués. Ah ? Ah.

 

La classe ouvrière et son parti révolutionnaire : l’avant-garde est distincte de la classe. Le parti n’est pas la classe ouvrière. Sans le parti, la prise du pouvoir est impossible. Les dangers inhérents à cette situation sautent aux yeux. Les révolutionnaires s’en défendent, ils disent que l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. Allez y comprendre quelque chose. Donc, l’avant-garde est distincte de la classe ouvrière. Cette histoire de distinction me chatouille quelque peu. Pas vous ? L’avant-garde d’une part, le peuple de l’autre. En termes clairs, les gens qui savent… et les autres. Ca nous promet bien des choses pour les lendemains de grands soirs.

 

Les mauvaises langues supputent que la nécessité d’UN parti révolutionnaire exclut la possibilité même du pluralisme. Ils disent :

 

« quand on voit la prolifération des groupes révolutionnaires, chacun se prétendant porteur de la sainte doctrine, et considérant les autres comme des révisionnistes, des renégats, des traîtres (le vocabulaire est riche, NDLR), on peut douter que la construction de ce fameux parti libérateur se fasse dans un climat propice à la réflexion, la libre discussion, la démocratie, la tolérance. Ce qui (aussi) peut augurer de lendemains révolutionnaires difficiles, l’histoire en montre les exemples. »

 

Et voilà, le mot est dit : le pluralisme. Ah il est beau le pluralisme dans nos démocraties occidentales. Ce qu’ils appellent « le monde libre ». N’importe qui peut faire n’importe quoi. Des dizaines de candidats à la présidence, des partis, des syndicats, des avocats, des chaînes de télévision, des associations à tire larigot, même les religions sont en surnombre. Allez vous y retrouver. Alors qu’un seul de chaque serait amplement suffisant. Je te foutrais tout ça dans des camps, moi !

 

3/ Le problème de la propriété privée : A partir de quel niveau de richesse est-on considéré comme un ennemi de classe ? Le marxisme est très clair : quand on possède les moyens de production. Mais alors, cette propriété de 100 hectares sur les hauteurs de Monaco, avec vue sur la mer et ce yacht de cinquante mètres survivront au Grand Soir ? Etonnant. Et moi, n’ai-je donc rien à craindre pour mon petit pavillon de banlieue (lointaine, prudence oblige), mes deux automobiles, ma collection d’appareils photo, même si je ne suis pas membre du parti, et si je continue de manifester ma liberté de pensée sur la voie publique ?

 

4/ L’extrême gauche est-elle en décalage par rapport à la société contemporaine ? Oui et non

 

Oui, parce que depuis un siècle les peuples ont été trop habitués aux libertés démocratiques pour se laisser entraîner dans des entreprises qui ont abouti aux catastrophes que l’on dit.

La classe ouvrière existe-t-elle encore ? Oui, mais ses conditions d’existence sont bien meilleures qu’au temps de Marx, Jaurès ou même de l’après-guerre. Le secteur industriel s’est réduit en Occident comme peau de chagrin au profit du tertiaire. Les fonctionnaires, employés et cadres occupent une place prépondérante dans la société. Ce sont des classes moyennes, attachées à leurs biens, et qui préfèrent s’en remettre à l’ordre existant, même si elles le critiquent- plutôt qu’à des bouleversements qui remettraient peut-être en cause ce qu’elles ont acquis. (Il y a souvent chez ces gens un écart important entre leurs idées parfois généreuses et leur position sociale confortable, l’angélisme est souvent le fait de personnes qui n’ont pas à souffrir de la délinquance : les anges sont loin du diable, les Ferrari rarement brûlées). Question : Dans ces conditions, QUI pour une révolution ? Et quelle clientèle pour l’extrême gauche ? Justement dans les banlieues, dans les populations issues de l’immigration, l’islamisme peut jouer un rôle, il n’est qu’à voir le silence adoptée par nos partis révolutionnaires vis-à-vis des principes (et des provocations) pourtant ultra-réactionnaires de cette religion. Le marxisme en prend un sacré coup sur la tête : pour ses pâles zélateurs, la religion n’est plus aujourd’hui l’opium du peuple… si elle est musulmane. 

 

Non, l’extrême gauche n’est pas en décalage par rapport à la société contemporaine parce que la condamnation radicale de la société capitaliste peut faire des émules en cas de crise. Le désespoir de personnes exclues du système, victimes du chômage, de la paupérisation, n’est pas propice à la réflexion. Peuvent s’y ajouter les groupes cités plus haut, dont une frange est fascinée par l’Islam. Les jugements à l’emporte pièce, les slogans hurlés et brandis sur calicots peuvent frapper les esprits fatigués. Au bout, il y a le risque de la violence et de nouvelles tragédies.

 

5/ L’extrême gauche au pouvoir ? Un exemple : ils disent qu’il faut interdire les licenciements. Mais alors il faudra soit : enregistrer les faillites, soit fermer les frontières pour éviter la fuite des entreprises. Nos Saint-Just répondent : non, car la révolution sera internationale. Nous vivrons alors l’époque de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques Mondiales. Comme beaucoup d’entre vous, je serai membre du Parti Communiste Révolutionnaire Altermondialiste International. La carte dans ma poche et n’ayant pas fait de hautes études, j’aurai quand même un emploi (l’ANPE n’existe qu’en régime capitaliste) : je garderai les personnes en cours de rééducation politique (nostalgiques de l’ancien régime, ennemis du peuple, communistes déviationnistes, écrivaillons du dimanche non membres de l’Union Socialiste des Ecrivains Prolétariens, agents de la CIA clandestine, asociaux divers dont l’existence est une erreur –car non envisagée dans la Théorie scientifique de la division de la société en classes : homosexuels, tziganes, juifs, personnes atteintes de troubles mentaux, anciens responsables de sites ou de blogs –un seul blog sera autorisé, mais sans commentaires, bon j’entends déjà des soupirs, mais le téléchargement des chœurs et chants révolutionnaires de l’Armée Rouge de Libération sera LIBRE et GRATUIT, tiens, on se calme…-, patrons expropriés bien sûr, le Centre Leclerc près de chez moi sera gouverné par le soviet des caissières libérées, car dans la société future, les clients des hypermarchés paieront d’eux-mêmes sans qu’on leur demande rien, les marchandises qu’ils auront librement choisies sans aucune pression publicitaire, d’ailleurs pour celles-ci, ce sera comme pour les partis, il n’y aura plus qu’une de chaque : une marque de produits frais légumes et fruits –par exemple le yaourt Besancenot,  la banane José Bové, la pâte à tartiner Laguillier-…) où en étais-je ?

 

 Oui, le camp de rééducation, bah, rien de spécial, la routine, vérification quotidienne de l’électrification des barbelés, rassemblements matinaux sur la place d’appel, lecture publique du dernier discours du Président du Conseil Suprême, et constitution des groupes de discussion, toutes les questions étant autorisées, oui vous avez bien lu : TOUTES. Car la voilà la vraie démocratie. Il ne revient pas au président de tout expliquer en long et en large. Il a autre chose à faire (sur le yacht présidentiel « L’Etoile Rouge » amarré à Mélenchon-sur-mer –anciennement Monaco). Ce n’est pas en écoutant une fois et distraitement Son discours qu’on pourra s’imprégner de sa richesse, découvrir avec ravissement les innombrables secrets semés pour les siècles des siècles dans les contours de sa dialectique, surtout quand on a passé sa vie à fréquenter des ennemis de classe. Donc, questions, discussions, explications, pédagogie. Quelquefois aussi, si le traitement le suggère, quelques injections, suivies de retraites en cellule d’isolement. Rien de bien méchant. Je rappelle à ceux qui joueraient les vierges effarouchées au seul mot de « camp », qu’il s’agira d’un camp socialiste, donc de gauche, progressiste, à visage humain. Je serai donc de garde ce jour-là. Mais je parle beaucoup de moi et j’ai honte car ces problèmes sont sérieux et concernent pas moins de quelques milliards d’hominiens. A ce propos, je ne dis plus hommes car on m’accuserait d’écarter les femmes, je ne dis plus humains un terme trop proche d’humanistes, ce qui exclurait trop de monde, j’évite homo sapiens sapiens trop connoté anthropologie, pompeux et long à écrire, et pour la répétition de sapiens, plus qu’une discussion, c’est une controverse, quand à homo, certains qui ne sont pas encore sapiens risquent d’en venir aux mains.

 

 

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