08/12/2009
La burqa du futur
Je ne sais pas vous, moi j'ai senti un frémissement. A propos de l'islam. Je sens que les choses bougent. Moins d'attentats à la voiture piégée, pas un seul détournement d'avion, peu de lapidations de femmes adultères, ou alors très loin de chez nous, pratiquement aucune main coupée. Mise à part la grande et majestueuse mosquée de Marseille, peu de constructions en cours. Actes antisémites réduits à une peau de chagrin, peu d'agressions dans les hôpitaux, les écoles et les piscines restent mixtes dans presque tout le pays... vraiment cette religion que d'aucuns présentaient -n'ayons pas peur des mots- comme un dogme barbare, est en train de nous faire une démonstration de tolérance à rendre jaloux les philosophes du siècle des Lumières.
Au peuple suisse qui n'avait rien compris (peuple un peu balourd, rien d'étonnant quand teutons et calvinistes se rencontrent) les représentants éclairés de la patrie des droits de l'homme ont donné une bonne leçon. Il faut ici rendre un vibrant hommage à Messieurs Kouchner, Vals, Mamère (que les autres me pardonnent de ne pas les citer, surtout sur les bancs de la gauche, ce serait trop long) qui ont su montrer, avec délicatesse et sans froisser personne hormis 57,5% d'attardés, que l'édification des minarets était une affaire de liberté religieuse, un point c'est tout.
Il fallait que les choses soient dites.
A peu de distance de l'enfer suisse, la France d'aujourd'hui réussit contre vents et marées à traduire dans les faits cette belle idée, fille aînée de la gauche unie : la Diversité Culturelle. Certes, on relève ici ou là encore quelques rigidités. On interdit encore sur notre sol l'excision des petites filles, la polygamie et ses harems aux parfums d'orient, les flagellations dans les rues et les pendaisons dans les stades. On peut faire confiance à nos élus imprégnés qu'ils sont de l'esprit de tolérance pour mettre fin à ce qu'il faut bien appeler des crispations exagérément républicaines.
Déjà la mode se fait l'écho d'une évolution qui semble irréversible vers un islam aux couleurs de la République et de la France. « La burqa du futur » est un projet de costume pour les candidates à l'élection de miss France en 2020 (peut-être avant, mais il faudra se battre, convaincre ou réduire au silence les deux extrêmes : les laïcisants et libres penseurs d'antan, et les fondamentalistes crispés sur les robes longues).

Soyons honnêtes : des critiques nous ont été adressées.
Concernant la grille devant les yeux, Bernard Kouchner, craignant pour la santé oculaire des jeunes femmes, réclame un maillage moins serré. Martine Aubry est choquée par le décolleté qu'elle juge provocateur. José Bové y voit un exemple fâcheux d'américanisation de l'image de la femme.
Dominique Strauss-Kahn est séduit. Il nous a demandé le numéro de téléphone du modèle.
18:28 Publié dans étrange | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : mode, mini-jupe, burqa, miss france
21/11/2009
Une manifestation très silencieuse
Sur Orange actualités le 31 octobre 2009 :
« Selon les premiers éléments de l'enquête, la chef d'agence d'un bureau de poste de Noisy-le-Grand a été suivie jeudi soir jusqu'à son domicile à Fontenay-sous-Bois par trois hommes, dont au moins un muni d'une arme de poing.
Ceux-ci l'ont contrainte à monter dans une voiture et l'ont menacée pour qu'elle leur donne les clés et les codes d'accès de l'agence, a-t-on expliqué de source judiciaire.
Comme elle ne disposait que des clés et pas des codes d'accès de l'agence, les trois hommes l'ont ensuite séquestrée dans son appartement avec son mari et son frère pendant toute la nuit. Les trois victimes ont raconté avoir été bâillonnées et ligotées. Les deux hommes étaient menacés pendant que la femme était violentée.
Les agresseurs l'ont notamment menacée de lui verser de l'alcool à brûler sur le corps et de l'embraser. Ils l'ont aussi brûlée à l'abdomen avec un fer à repasser, selon une source policière.
Vendredi vers 7h00, les trois agresseurs ont quitté le logement, emmenant la chef d'agence avec eux, pour se diriger vers le bureau de poste.
Son mari a réussi à se libérer et à prévenir la police, selon la même source. Un appel ayant été diffusé, des policiers ont repéré à Noisy-le-Grand trois hommes avec une femme correspondant au signalement. Ils ont pu interpeller l'un des agresseurs, mais les deux autres ont pris la fuite, laissant leur victime derrière eux, selon la source judiciaire. »
Fin de citation.
Un reportage bien détaillé. Cependant, il semble qu'il manque quelque chose... voyons voyons...
Eurêka, j'ai trouvé ! Il n'est pas fait mention d'une manifestation silencieuse en hommage à la victime. Les jours suivants, radios, journaux, bouches cousues. S'il y eut une manifestation, elle le fut vraiment, silencieuse.
Bof, après tout, c'était une femme, qui revenait de son travail, pas de quoi en faire des tonnes. Ah, si ç'avait été un jeune désoeuvré, ayant eu une jeunesse difficile dans un quartier défavorisé, n'ayant rien fait de grave à part quelques incivilités et avoir mis le feu à quelques voitures après tout ce ne sont que des gamins il faut bien qu'ils s'expriment, alors là, on en aurait entendu des avocats, sur toutes les chaînes, on en aurait vu des calicots fustigeant les « discriminations », MRAP et Ligue des droits de l'homme en tête -à propos à quand une Ligue des droits des Etres humains ?- derrière Monsieur le Maire et son écharpe, des habitants du quartier seraient descendus dans la rue, sans oublier les copains et copines, les membres de la famille, les représentants des associations et des partis politiques, sans oublier les candidats aux présidentielles, et Besancenot aurait fait un discours.
Vraiment dommage qu'il n'en ait pas fait un, occasion loupée, la victime était une postière.
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11:45 Publié dans étrange | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : délinquance, violence, victime, solidarité
06/11/2009
Fais dodo Colas mon p'tit frère
Cette lettre n’a jamais été envoyée. Elle n’avait pas été écrite. Les enfants de treize ans ne seront pas emprisonnés. Quand aux allocations familiales, personne n’y touchera, aucun gouvernement n’osera en priver les parents indignes, qu’ils soient de gauche ou de droite. Car de nos jours, les gouvernements ne font pas ce qu’ils disent, et même pas ce qu’ils pensent. On navigue à vue, on fait des déclarations tonitruantes, avec l’espoir de gagner quelques voix aux élections. Puis plus rien. Les enfants de moins de treize ans continueront de traîner dans les rues, ils apprendront la délinquance et le reste. Comme aujourd’hui, comme hier. Là-haut tout le monde s’en fout, car là-haut, on n’habite pas dans ces quartiers-là. Dans ces quartiers-là, c’est le peuple qui souffre, qui en a jusque-là d’entendre les motos tourner jusqu’à plus d’heure, de devoir baisser les yeux en traversant le hall, de monter les étages à pied faute d’ascenseur, de surveiller la voiture sur le parking, de hisser les vélos au cinquième, de voir ses enfants subir le racket à l’école, d’une école où les maîtres passent plus de temps à faire de la discipline qu’à exercer leur métier.
Changer les choses, mettre de l’ordre dans les affaires humaines ? Une œuvre gigantesque, hors de portée de nos élus et réélus. Et pourtant, chacun sait que sans un minimum d’ordre, il n’y a pas de démocratie, la démocratie, ce sont des lois, des règles, et l’application de celles-ci.
La démocratie, chacun l’aura pensé, ne consiste pas à laisser chacun libre de faire ce qu’il veut, surtout si c’est le soir, tard dans les rues, à l’âge où tous les enfants du monde ont besoin d’un toit, d’un bon lit et d’un minimum d’affection. Il est vraiment navrant d’entendre journalistes et politiciens invoquer la liberté quand on projette de mettre de l’ordre quelque part. J’entendais ce matin un commentateur –particulièrement inquiet à l’heure de grande écoute- parler de couvre-feu pour les enfants de moins de treize ans ! Je suis bien certain que cette personne –si elle a des enfants- ne les laisse pas traîner le soir dans les rues, même si dans la rue où elle réside, les petits ne risquent pas grand-chose. « Couvre-feu » ! projet « liberticide » ! « tout sécuritaire » ! Allez sur les sites d’extrême gauche, vous apprendrez qu’on est déjà sous la férule d’un régime totalitaire. (Etonnant, non ? comme aurait dit Pierre Desproges- d’entendre les héritiers idéologiques des régimes les plus autoritaires que l’histoire a produit tenir de tels propos. Quand derrière chaque Allemand de l’est il y avait un membre de la Stasi, cela ne les empêchait pas de dormir ces révolutionnaires de salon). Ce que ces gens-là semblent ignorer, c’est qu’au bout du laisser-aller il y a encore du laisser-aller, encore un peu de laisser-aller… puis le retour de bâton. Et là, Le Pen ou Gollnich, c’est de la roupie de sansonnet à côté de ce qui nous attend(rait).
Bon, ce n’est pas très réjouissant tout ça. C’est l’humeur. Il y a des jours comme ça. Le manque de soleil et de lumière, l’automne, l’approche de l’hiver. Les soucis. Les douleurs. Allez, je me dis parfois qu’il faut cesser d’écrire de méchantes choses, qu’il faut sourire, tiens, pourquoi pas ? Ecrire des poèmes d’amour, publier des photographies de jolis paysages, de personnes qui s’aiment, de petits enfants qui s’amusent dans les rues avant la tombée de la nuit… ça y est, ça me reprend. Je suis incapable d’écrire des histoires plaisantes, amusantes, originales. Et le pire, vais-je l’avouer ? J’en suis fier, car comme disait le sage, les paroles agréables à entendre ne sont pas vraies, ce qui est vrai n’est pas agréable à entendre. Je rêve d’un jour où la vérité entrera dans les discours, comme ça, sans tapage, toc toc, c’est moi la Vérité, bien sûr avec de la musique, on évitera les hymnes, je vois plutôt un accompagnement à la viole d’amour, surtout pas de chœur ni de marche militaire, et des paroles très douces, une ravissante voix de femme déguisée en nounours :
- Allez, les petits, ce n’est plus une heure pour traîner dans la rue. Il est tard. Tous les enfants du monde vont faire un gros dodo.
Mi ré do fais dodo
do ré do ré mi Colas mon p’tit frè-
do -re
mi ré do fais dodo
do ré mi ré do t’auras du lolo
t’auras (allegro, de l’entrain et plus fort) du lolo si tu fais dodo… reprendre (piano) à « fais dodo »…
§
14:26 Publié dans étrange | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dodo, enfants, treize ans, dans les rues, police, paents, éducation

