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29/03/2009

Régime

L’apéritif d’abord, il fallait éviter

Gâteau, tarte et biscuit, cesser de déguster.

Et comme, sur la balance il était en tourment

De beurre et sucreries ne devint plus gourmand.

 

Après quelques longs mois de l’ascétique régime

En guise de coup final, et pour dompter sa faim

Son camembert non plus, n’arrosa plus de vin.

Dans ce pays gourmet, las, il s’agit d’un crime.

 

Sainte Justice qui, jamais, ne l’avait tourmenté

A la prison le condamne à perpétuité.

Alors, toujours plus fin, plus svelte et plus beau,

Dans sa cellule, il est mis au pain et à l’eau.

10:14 Publié dans gens | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : régime, gastronomie

13/03/2009

RMI

 

 

 

 Elle est encore jeune, un brin enveloppée et de belle humeur. Le matin à sa fenêtre, elle regarde en souriant les c… qui se rendent au boulot, mal réveillés, crispés sur le volant.

 

 Non, je plaisante. Elle n’est pas à sa fenêtre, elle est encore au lit. A côté d’elle, un hippopotame mâle ronfle à poings fermés. Les enfants chahutent dans la salle de bains, ils seront bientôt prêts. Le plus courageux  frappe à la porte de la chambre, mais se garde bien d’ouvrir, il a compris la leçon, la dernière fois ça lui a valu une torgnole.

 

-         C’est l’heure maman ! 

 

 Le pachyderme ronfle un peu plus fort, se retourne et fait craquer les lattes. La mère baille et s’étire, passe un déshabillé, peste en pataugeant dans l’eau répandue dans le couloir et suit ses enfants jusqu’à la porte d’entrée. La plus grande rattrape par la bandoulière de son sac le tout petit qui se précipitait sur le trottoir. La mère, de loin, jette un oeil sur la petite troupe qui  traverse la rue.

 

 Nul n’est censé ignorer la loi. Cette dame l’a bien compris. Ses droits, elle les connaît jusque dans les moindres détails. Pour le repas de midi, pas de problème : cantine, bons payés par la mairie. Vacances gratuites aussi pour les nombreux enfants de cette famille monoparentale, plus RMI, allocations familiales, je crois n’avoir rien oublié… Ah si, le pachyderme (pas marié) touche aussi le RMI, l’embonpoint l’oblige à se replier sur une activité sédentaire : la Playstation, il paraît que c’est un champion. Quand il s’arrête de jouer, il fait un enfant à sa compagne. Le premier qui me dit qu’ils ne sont pas heureux, je le fusille.

 

 A deux pas de là, il y en a qui ne savent pas où mettre leurs enfants avant l’ouverture de l’école car, été comme hiver, ils partent de bonne heure pour aller faire un ménage ou de la maçonnerie à l’autre bout de la ville. A la fin du mois, la République leur envoie le SMIC. Au-delà du vingtième jour du mois, ils survivent. A midi les enfants mangent des petits sandwiches. Mais quand l’instituteur demande quels sont ceux qui ne participeront pas au voyage, personne ne bronche. La fierté, sans doute.

 

 

 

 

§

13:39 Publié dans gens | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : assistés, travail, allocations

08/03/2009

K...K...K...

 

 

 Nous sommes le 8 mars. Traditionnellement le dimanche avant l’arrivée des invités c’est un couple enthousiaste qui nettoie la maison et s’affaire à la cuisine. Les autres jours, Madame s’octroie les travaux ménagers. « S’octroie » est un peu fort. Disons plutôt que par convention, dès les premiers instants de la vie conjugale, on répartit ainsi les responsabilités :

 

 Lui se voit confier les relations extérieures ;

 Elle, les affaires intérieures : ménage, lessive, cuisine, vaisselle, lever, coucher et toilette de la progéniture.

 

 Tous les gouvernements fonctionnent un peu comme cela, à un détail près : pour l’extérieur, un diplomate suffit. Alors que les affaires intérieures font appel au concours de plusieurs ministres : économie, finances, affaires sociales, ordre public, défense du territoire, environnement, instruction publique, anciens combattants, retraités, etc.

 

 Dans un ménage, les titres sont moins honorifiques. Le mari est à l’extérieur, ce qui ne l’empêche pas, entre deux courriers, de donner le coup de main pour l’économie et les finances, signature oblige. La femme remplace les dix à quinze ministres (le chiffre varie selon la taille de la maison et le nombre d’enfants) qui gèrent le pays. Aussi sa tâche est lourde. Même si, compréhensif, Monsieur inclut dans les problèmes extérieurs le jardinage et le balayage de l’allée de garage, au niveau du temps de travail réel, le compte n’y est pas. Alors, pour éviter la crise de régime et son aboutissement politique : le changement de ministre, il faut composer. C’est la deuxième étape.

 

-         Ne pas subir sans réagir ! se dit-elle : premier assaut, celui des opprimés.

 

-         Cédons sur les petites corvées… se dit-il, afin d’éviter le pire.

 

Et le maître des lieux, renâclant mais consentant, se met un jour sur trois à langer un bébé, mettre une casserole d’eau sur le feu, ranger (à fond) le contenu du tiroir à couverts. Peu de choses en fait, mais qui contribuent au dialogue et permettent d’attendre dans la paix les prochaines négociations.

 Celles-ci sont difficiles car les partenaires sont fatigués. Elle, ses yeux cernés la dispensent de longs discours. Lui n’est pas à court d’arguments : il a beaucoup à penser et, débordé par les responsabilités, il sera victime sous peu, de surmenage nerveux et intellectuel, sans parler d’une possible oblitération d’un vaisseau par une thrombose. Il court du téléphone –pour le prêt conventionné- au secrétaire rempli de dossiers et vole au-dessus des enfants sans les voir.

 

-         Ah ! C’est encore occupé !

 

-         Tu appelles pour la maison ? Inutile. Après ma lessive, j’avais cinq minutes avant le premier biberon. J’ai eu la banque. C’est réglé. Ils acceptent le dossier.

 

-         Ah ? Bon… c’est bien.

 

 On a pu dire ici ou là dans les livres, lors de débats télévisés ou en famille entre la poire et le fromage, que si la femme n’avait pas fait de grandes choses dans l’Histoire, c’est qu’elle passait trop de temps à sa beauté. Il serait plus raisonnable de dire qu’une fois réglés les travaux ménagers, il lui restait peu de temps pour tenir de longs discours, chasser le cervidé, diriger des armées. Et puis, les religions étaient là, bien présentes, pour souligner, sur ce ton compassionnel inimitable qui est le leur, toute la beauté de la fonction de mère au foyer. KKK. Kinder, Küchen, Kirchen comme disent nos voisins d’outre-Rhin (pas tous). Enfants, cuisine, église.

 

 Que la femme ait été exclue de la politique, on peut le regretter, car on aurait sûrement fait l’économie de massacres. Et pour faire de grandes choses dans l’Histoire, il aurait fallu qu’elle suive des études, qu’elle consacre du temps à des recherches, qu’elle prenne du recul par rapport aux tracasseries quotidiennes, bref qu’on lui lâche les baskets ! Alors oui, elle aussi aurait pu écrire, composer, philosopher, légiférer, voyager, peindre, sculpter, construire, créer, inventer et inscrire son nom sous les bustes qui ornent nos musées.

 

 Pour vérifier ces suppositions, on pourrait tout reprendre à l’An Zéro, en inversant les rôles : l’homme au ménage, la femme aux commandes. Mais ces sacrés machos, 2000 ans plus tard, seraient foutus de constituer un Mouvement de libération des hommes. Ce qui serait inutile et ferait bien rire ces dames car l’égalité des sexes, d’accord l’idée est généreuse, mais quelle utopie !

 

 

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10:34 Publié dans gens | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : femme, égalité, homme