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03/05/2018

Idéologie sans frontière.

 


 Non, les casseurs du premier mai ne sont pas des militants d’extrême droite. Les idées que ces derniers défendent sont tellement simplistes qu’elles sont facilement identifiables, donc condamnables. Le plus petit enfant sachant lire sera choqué par un slogan raciste. Pour preuve : dès les premières années de collège on fait visiter des musées et des mémoriaux de la déportation à des classes d’élèves pour les amener à réfléchir et à respecter les autres, quels qu’ils soient.

 Les inscriptions vues sur certains calicots du premier mai appellent à la violence. En même temps, elles ont un point commun : elles condamnent le capitalisme. Des individus du cortège s’en prennent à une agence bancaire, à un restaurant et à une concession automobile entre autres symboles du système qu’ils désignent comme une cible.

 On entendra l’extrême gauche « parlementaire » critiquer du bout des lèvres la violence « d’où qu’elle vienne » comme ils disent, mais son silence sur les slogans hurlés par les casseurs est assourdissant. Car l’extrême gauche qui parle dans toutes les radios et les télés a depuis longtemps choisi son camp : celui de l’opposition systématique à l’économie de marché certes, mais à une société dans laquelle le libéralisme économique est indissolublement lié aux libertés fondamentales, dont celle de manifester le premier mai derrière des banderoles appelant à la violence. Quelle est la frontière idéologique entre un militant anticapitaliste et un manifestant qui attaque une agence bancaire ? Elle est ténue. Un caillou.

 La différence entre le démocrate et le totalitaire, c’est que le premier, même si c’est parfois bruyamment, donne son avis personnel, le second selon ce qu’il faut qu’il pense. L’idée du fasciste qu’il soit de gauche ou de droite (avec cette différence citée plus haut, que les idées de gauche sont plus séduisantes) vient d’ailleurs que de lui-même : programme, charte, manifeste, bureau politique, réunion de cellule, congrès, tendance, fraction, faction, réseau, canal historique…(1)

 Les idées totalitaires ne sont pas le résultat d’une pensée, elles ne peuvent être que colportées. Elles infiltrent d’abord l’homme puis s’étalent sur les bannières.

 


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(1) Je n'oublie pas non plus, comme je l'ai déjà écrit ici, que contrairement aux idées d'extrême droite, l'humanisme revendiqué par la femme ou l'homme de gauche est un moyen peu coûteux d'assurer leur bonne conscience. Vociférer contre le Front national ne constitue pas un programme politique, ils le savent. Mais ça donne un semblant d'existence.

 

27/04/2018

La sélection

 


 Du latin "legere" à l’origine: assembler des lettres, des syllabes et des mots par les yeux, puis assembler tout court, choisir. Exemple : les légumes sont des plantes cueillies (choisies). Du composé avec le préfixe sé- on accentue l’idée de choisir en séparant, d’où la sélection.

 Le mot convenait parfaitement à la théorie de Darwin car elle permettait d’expliquer qu’un choix s’opérait dans la nature et que parmi toutes les espèces subsistaient celles qui étaient les mieux adaptées aux changements des conditions d’existence.

 Il n’y a dans la théorie de l’évolution des espèces aucune idée qui en elle-même pourrait justifier racisme ou eugénisme. Il a fallu les théories racistes et le nazisme pour que le terme sélection prenne un sens absolument étranger aux sciences humaines. La sélection selon des critères idéologiques comme l’idée selon laquelle une race serait supérieure aux autres n’a rien à voir avec la sélection opérée par la nature, le climat, la chute des météorites, le volcanisme ou les tremblements de terre. S’il n’est pas détourné, le mot sélection n’a rien de condamnable ni de réactionnaire.

 Dans tous les domaines et à toutes les étapes de la vie une sélection s’opère entre les êtres humains que nous sommes. Une sélection naturelle dès la naissance pour cause de malformation ou de maladie, mortalité infantile qui va en diminuant grâce aux progrès de la médecine, mais très inégalement dans le monde. Quand vient le temps de l’apprentissage, les examens et concours se chargent d’établir un classement en fonction des compétences et des aptitudes de chacun. Sélectionner des élèves et des étudiants en fonction de leurs résultats scolaires revient à les classer selon les aptitudes et le travail fourni. Il n’y a ici rien d’injuste, rien d’inégalitaire.

 Injustifiable par contre serait de classer les étudiants en fonction de leur origine géographique ou sociale, pire selon leur origine ethnique. Procédés incompatibles avec les principes de la république. On a proposé aussi le tirage au sort, une idée tout à fait incongrue et peut-être la plus injuste de toutes, qui revient à donner une chance à quelqu’un qui ne le mérite pas et à fermer la porte à un autre qui s’est montré studieux et apte à poursuivre plus longtemps ses études. J’ai entendu aussi qu’on pourrait attribuer la moyenne à tout le monde, autrement dit supprimer bel et bien tout examen !

 Les personnes qui ont effectué de longs apprentissages, préparé des concours, subi des entretiens d’embauche et qui travaillent dans tous les secteurs public, privé, en entreprise ou en indépendant doivent se demander dans quel monde vivent les hurluberlus qui ont de telles idées en tête.

 

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post scriptum : proposer aux supporters de l’équipe de France de football que les 11 bleus qui participeront à la Coupe du monde cette année soient tirés au sort ! Je suis bien certain que dans mon quartier il y aurait deux ou trois candidats. Achat d’un ballon, un peu de jogging, quelques passes le soir en rentrant du boulot, et hop, direction le stade de France !

22/04/2018

2500 pour 200

 

 


 Comment en est-on arrivé à mobiliser 2500 policiers pour tenter de libérer un territoire occupé illégalement par 200 personnes ?

 Il faut reconnaître que les exigences ne sont pas les mêmes des deux côtés. Si les « occupants » des lieux lancent des projectiles et blessent des policiers, ils doivent s’attendre à une riposte de ceux-ci. Si les policiers blessent un manifestant, ils peuvent s’attendre à pire : une campagne nationale d’information avec témoignages et photos à l’appui dénonçant les violences policières, avec éventuellement une mise en cause de la politique gouvernementale, pouvant aller jusqu’à la démission du ministre concerné.

 On voit que le combat est inégal. Les uns attaquent par tous leurs moyens disponibles, allant jusqu’à rechercher l’incident. Les autres font tout ce qu’ils peuvent pour l’éviter.

 La démocratie se doit d’accorder la parole à tous. Elle dispose pour cela d’un système électoral qui fait des gouvernants les représentants de la volonté générale. A cela s’ajoute tous les droits de manifestation, de publication, de réunion et d’organisation à condition qu’ils soient compatibles avec les lois de la république. Le droit de manifestation s’applique à Notre Dame des Landes. Le droit de propriété aussi. Vais-je accepter, au nom du droit de manifester qu’un cortège traverse mon jardin ? Non. C’est le sens du discours du président de la république, je l’approuve.

 Malgré les discours, les avertissements, les menaces, le problème de l’occupation illégale d’un territoire n’est pas résolu après plusieurs semaines d’affrontements et de tergiversations. Tout simplement parce que nous sommes en France. Je suis certain que la même situation pourrait se produire en Allemagne, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis ou dans d’autres démocraties. Mais jamais au grand jamais à Cuba, en Algérie, en Arabie Saoudite, en Iran ou en Corée du nord car dans ces pays la loi est injuste…et respectée. En démocratie, 200 personnes peuvent occuper illégalement des terres, bloquer une université, lancer des cocktails Molotov, occuper les unes des médias, parler dans tous les micros des télés et des radios, quand soixante millions d’autres vaquent à leurs occupations, cultivent leur terre, respectent les règles ou s’acquittent de leurs contraventions, paient leurs impôts, cherchent un emploi ou préparent leurs examens.

 


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