05/10/2017
L'islam: une religion?
Au nom de qui, au nom de quoi reprocherions-nous à un croyant de croire ? Cela s’est vu dans le passé, et sans remonter aux Romains, il y eut au siècle dernier des crimes commis au nom de l’athéisme militant. Il y eut aussi les malheurs survenus à d’honnêtes gens qui ne croyaient pas comme il faut, ou pas au même dieu, ou pas selon les mêmes rites.
Et voilà qu’aujourd’hui, alors qu’en occident les tenants du pouvoir spirituel ont mis un bémol à leurs commandements, d’autres s’avancent, menaçants, armés jusqu’aux dents d’un vocabulaire que n’aurait pas renié les inquisiteurs. Ils menacent les mécréants mais aussi les infidèles, ceux qui ne croient pas comme eux.
Des libres penseurs, ou qui se prennent pour tels, nous disent que toutes les religions sont à mettre dans le même sac…poubelle s’entend. Voilà un bel exemple d’intolérance. Imaginons un peu ces gens au pouvoir… Ne répétons pas les errements meurtriers du siècle dernier. Quand on regarde ce qu’est l’islam aujourd’hui, on constate que toutes les religions ne se valent pas. Avez-vous entendu les juifs, les chrétiens, les hindouistes, les bouddhistes appeler à la guerre sainte contre les incroyants ? Les avez-vous vu attaquer des lieux de culte à la voiture piégée aux heures de grande affluence ? Non. Ces actes meurtriers sont certes les effets de l’ignorance et du bourrage de crâne, mais aussi les accomplissements d’un dogme dont la cohérence est la volonté de domination d’une communauté sur toutes les autres y compris par la violence.
Pour les croyants sincères, le culte est un rapport, un lien avec la puissance divine. Pour la plupart des religions, le respect du dogme n’implique nullement l’indifférence, le mépris, encore moins la haine de l’autre, encore moins sa disparition. Bien au contraire, au moins dans l’esprit. Si ce ne fut pas toujours le cas, ça l’est aujourd’hui. Je regarde les intégristes chrétiens battre le pavé, leurs propos sont durs, intolérants, déconnectés des préoccupations des gens, tout au plus, ils suscitent la moquerie. Mais quand le soir ils rentrent chez eux et s’occupent de leurs enfants qu’ils ont souvent nombreux, le calme revient dans le pays et leurs concitoyens dorment sur leurs deux oreilles.
L’islam ne tient pas en place, il empiète sur la vie des gens. Il en veut toujours plus. Il est totalitaire. Il investit les partis, les associations, les clubs sportifs. Il pénètre l’état, l’administration, les services publics, les programmes scolaires. Se faisant l’avocat du droit à la différence, il séduit les enseignants, s’impose dans les écoles. Il s’infiltre partout, dans les télés, les publicités. Le pouvoir politique lui est acquis, au nom de cet autre culte, qui consiste à glorifier la bêtise pourvu qu’elle vienne d’ailleurs. Culte sans lequel les musulmans seraient des femmes et des hommes comme les autres, sans s’afficher comme tels, en acceptant de vivre selon les lois du pays qui les accueille.
Au nom du respect à tout prix de la diversité culturelle on a rangé les déclarations des droits humains au fond des tiroirs. C’en est fini de l’Universel. Oubliées les Lumières. Place à la tradition, aux mœurs d’un autre âge. Après tout, si un fils, un frère ou un père oblige une femme à se voiler la face, au pire on dira l’air désolé que ce n’est pas bien, au mieux qu’elle a de très beaux yeux, ou que la haute couture n’a pas encore révélé tous ses secrets. Au nom du même non-respect de nos principes, pourquoi ne pas admettre le châtiment par le fouet, la polygamie, l’excision, la lapidation?
Je relis alors ce beau texte de Spinoza.
... puisque les hommes ont des complexions différentes et que l’un se satisfait mieux de telles opinions, l’autre de telles autres, que ce qui est objet de religieux respect pour celui-ci excite le rire de celui-là, je conclus encore qu’il faut laisser à chacun la liberté de son jugement et le pouvoir d’interpréter selon sa complexion les fondements de la foi, et juger de la foi de chacun selon ses œuvres seulement, se demandant si elles sont conformes ou non à la piété, car de la sorte tous pourront obéir à Dieu d’un entier et libre consentement et seuls la justice et la charité auront pour tous du prix. »
Spinoza.- Traité théologico-politique
11:49 Publié dans Totalitarisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : islam
30/08/2017
Celui qui ne dit jamais oui
Vous avez beau l’interroger sous tous les angles, vous aurez droit à une liste de réponses possibles, assez diverses d’ailleurs parfois même originales. Je passe sur les : « Bah non », « Je ne sais pas », « Certainement pas », pour en arriver au carrément « Non ». Le personnage peut entrer aussi dans de grandes explications. Il faut que vous sachiez une chose : c’est un véritable tour de force de ne jamais acquiescer, approuver ni même consentir. C’est pourquoi même à des questions toutes bêtes qui appellent l’évidence, on trouve le moyen de vous opposer un « ça dépend… ». Je suis à quelques centimètres du personnage, pour tenter d’exister, toutes les questions possibles défilent dans mon esprit, et je me prends à rêver de l’entendre me répondre :
« Mais oui, oui oui oui mon ami, vous avez parfaitement raison, mieux encore je n’y avais pas pensé ! Quelle chance ai-je eu d’être venu vous voir, ah ça, oui vraiment ! »
Mais ce n’est qu’un rêve car en réalité mon interlocuteur manipule à loisir les tournures de la langue pour me mettre sur la brèche, me faire sentir que mes propos ne sont pas réfléchis, que je parle de ce que je ne connais pas. Les psychologues diront peut-être que cela traduit chez lui un manque d’assurance, un besoin de s’affirmer, d’être tout simplement.
Curieusement s’il ne dit jamais oui, je remarque que le personnage est doté d’une autre faculté, celle de ne jamais s’interroger. Il ignore le point d’interrogation. Chez lui qui pourtant ne vous dit jamais oui, tout est affirmation, assurance, certitude. Je lui accorderai qu’en privé sûrement il lui arrive de s’interroger, après tout c’est le propre de l’homme de se poser des questions. Mais en société, rigide comme un bloc, il ne laisse aucune prise à ses contemporains, pas d’aspérité, pas la moindre petite faiblesse qui pourrait le changer et faire de lui un être fragile, mortel.
Il m’arrive de l’envier moi qui ne dort pas la nuit, toujours inquiet de ce qui se passera demain. Mais peut-être me trompé-je et qu’en réalité il est un grand nerveux qui souffre d’un handicap grave et si c’est de cela qu’il s’agit, alors c’est la société qui est malade. Car ils sont nombreux ces gens sûrs d’eux-mêmes, devant lesquels je suis comme une potiche, incapable de proférer un mot qui sonne, un mot qui pèse, un mot qui provoque un bon vieux « Ouais ! », un mot qui appelle un sourire ou mieux… mais là j’espère : un silence complice.
Je me trouvais donc à la sortie du magasin, de bonne humeur j’adressais à la caissière quelques mots aimables « On a eu bien de la chance ce week-end, car demain ils annoncent de la pluie… » pour m’entendre répondre « Non demain il fera beau, c’est après-demain que ça se couvre ! »
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Résumé :
1/ C’est difficile d’approuver.
2/ Comme j’aimerais qu’on m’approuve !
3/ Qui n’approuve pas ne s’interroge pas nécessairement.
4/ Je suis comme une potiche.
5/ Ultime tentative dans un dialogue avec la caissière, sans succès.
17:11 Publié dans portraits | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : oui
10/08/2017
Le modèle
Il fait tout comme il faut. A côté on se sent tout petit, mal à l’aise. Immature. On ne dit plus un mot. Peu de chance que la conversation vous intéresse. Si vous tentez le coup, vous n’aurez jamais droit à l’assentiment, mais à un sourire, et si vous avancez une idée ou deux, il vous remettra les pieds sur terre, vous renverra à la dure réalité, à l’agenda, au calendrier, à la carte de France, au petit Larousse illustré, aux heures de fermeture des magasins, à celles où il n’est pas bon de circuler sur les routes, aux médicaments qu’il faut prendre ou ne pas prendre, aux dates limites et précises à respecter pour les démarches administratives, et comme sur chaque homme qu’on le veuille ou non souffle de temps à autre un vent de liberté, il vous dira avec la superbe d’un résistant de la première heure où sont les radars sur la route que vous allez prendre. Oh le vilain !
Pour s’informer mais en a-t-il vraiment besoin, trois minutes télévisées lui suffisent pour les événements importants du canton et surtout la météo. Pour le reste, ce qui se passe dans le monde, un survol suffit pour s’assurer que la guerre et le terrorisme sont loin.
Le problème c’est qu’il est dans la norme et qu’ils sont des millions. Je parle pour la France, mais le problème est planétaire.
Quand il part, ce n’est pas vers d’autres horizons, quel horrible concept que celui d’horizon, lieu de hasard et d’incertitude, où les risques sont légion, où assurances et mutuelles ne mettent jamais les pieds, où l’on ne sait pas de quoi demain sera fait, non. Il ne part pas. Il se rend d’un lieu à un autre. Le départ c’est l’inconnu.
Si un jour enfin vous parvenez à placer un mot, une question sur un sujet qui vous préoccupe, du genre que posent les enfants entre banane et nutella sur ce qu’il y a après la mort, pourquoi des familles traversent la mer sur des embarcations de fortune, s’il y a de la vie ailleurs dans l’univers, s’il y a un dieu ou plusieurs ou pas du tout, notre homme, si c’en est un mais ça peut aussi être une femme, notre homme plonge le nez dans son assiette ou admoneste ses enfants qui mettent les coudes sur la table. Silence intersidéral, trou noir, absence. Le vide.
Mais sur tous ces sujets en savez-vous vraiment plus que lui ? Non bien sûr. Et peut-être encore moins car s’il vous arrive de douter, son savoir à lui est définitif. Vous réalisez alors que tout ce que vous avez appris à l’école et dans la vie n’aura servi qu’à ruminer, passer des nuits blanches à vous dire qu’il vaut mieux savoir que Carrefour Market est ouvert le dimanche, que partir à l’aventure sans savoir où sont dissimulés les radars.
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14:01 Publié dans portraits | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : omniscience, savoir, certitude

